ACTION DES ORGANES. ?.a 3
2 g5. Les plantes monocarpiques sont de durée fort différente ;les unes , comme certains mucors , naissent et meurent le mêmejourj d’autres, comme quelques véroniques, exécutent toutesleurs fonctions en moins de trois mois : la plupart, dans nosclimats, vivent environ un an; il en est qui, comme l'onagre*durent deux ans; quelques-unes , enfin , telles que les agaves ,vivent près de cent ans; mais toutes prolongent leur existencejusqu’au moment où elles ont porté des graines; toutes meurentirrémissiblement après la maturité de leurs graines. Dans toutesl’art de l’homme peut alonger ou abréger la durée de la vie,en retardant ou en accélérant la fructification.
296. Les plantes polycarpiques offrent des phénomènes biendifférens : leur enfance est ordinairement plus prolongée; maislorsqu’elles ont porté leurs graines , elles continuent à vivre , àpousser de nouvelles tiges ou de nouvelles branches , qui elles-mêmes donnent de nouvelles graines. Or, comme le nombredes branches ou des tiges que les plantes peuvent pousser sansfécondation nouvelle, est réellement indéfini ; comme ce nombrepeut être indéfiniment augmenté au moyen des boutures et desgreffes; comme on ne doit appeler un nouvel individu que ce-lui qui est le produit d’une fécondation nouvelle , il s’ensuit quela durée des individus parmi les plantes polycarpiques, estréellement indéfinie. Je suppose qu’on n’eùt apporté d’Amé rique qu’un seul tubercule de pomme de terre, et que celteplante n’eût jamais depuis lors été semée de graines , mais pro-pagée par la division des tubercules , il est clair que tous lesindividus de pomme de terre , existans aujourd’hui dans l’Eu rope , seroient (aux yeux du Physiologiste ) des parties d’unmême individu , et qu’ainsi cette plante seroit, pour ainsi dire,immortelle. Il 11’en est point ainsi dans la nature : les accidensque les corps extérieurs font nécessairement subir à la plante,arrêtent sa durée et la font, pour ainsi dire , périr toujours demort violente ; chaque plante résiste à ces corps extérieurs avecune énergie déterminée par sa structure , et c’est ainsi cettestructure qui détermine la durée ordinaire de chaque espèce :celles dont le tissu est mol et herbacé , périssent en peu d’an-nées ; les arbres vivent en général d’autant plus long-temps ,que leur bois est plus dur et leur surface difficile à altérer :ainsi ou arrive à concevoir comment certains arbres immenses,