EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE. 3
étoiles s’affaiblit à mesure que l’aurore augmente : le soir, ellesdeviennent plus brillantes à mesure que le crépuscule diminue ; cen’est donc point parce qu’elles cessent de luire, mais parce qu’ellessont effacées par la vive lumière des crépuscules et du soleil, quenous cessons de les apercevoir. L’heureuse invention du télescopenous a mis à portée de vérifier cette explication, en nous faisantvoir les étoiles, au moment même où le soleil est le plus élevé.Celles qui sont assez près du pôle, pour ne jamais atteindre l’ho-rizon, sont constamment visibles. Quant aux étoiles qui commencentà se montrer à l’orient, pour disparaître à l’occident; il est naturelde penser qu’elles continuent de décrire sous l’horizon, le cerclequ’elles ont commencé à parcourir au-dessus, et dont l’ho .'zonnous cache la partie inférieure. Cette vérité devient sensible, quandon s’avance vers le nord : les cercles des étoiles situées verscette partie du monde, se dégagent de plus en plus de dessousl’horizon : ces étoiles cessent enfin de disparaître, tandis que d’autresétoiles situées au midi, deviennent pour toujours invisibles. Onobserve le contraire en avançant vers le midi : des étoiles qui de-meuraient constamment sur l’horizon, se lèvent et se couchent
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alternativement; et de nouvelles étoiles auparavant invisibles, com-mencent à paraître. La surface de la terre n’est donc pas ce qu’ellenous semble, un plan sur lequel la voûte céleste est appuyée. C’estune illusion que les premiers observateurs ne tardèrent pas à rec-tifier par des considérations analogues aux précédentes : ils recon-nurent bientôt que le ciel enveloppe de tous côtés la terre, et queles étoiles y brillent sans cesse, en décrivant, chaque jour, leursdifférens cercles. On verra dans la suite, l’astronomie souvent oc-cupée à corriger de semblables illusions, et à reconnaître les objetsréels dans leurs trompeuses apparences.
Pour se former une idée précise du mouvement des astres; onconçoit par le centre de la terre et par les deux pôles du monde,un axe autour duquel tourne la sphère céleste. Le grand cercleperpendiculaire à cet axe, s’appelle équateur: les petits cei’clesque les étoiles décrivent parallèlement à l’équateur, en vertu deleur mouvement diurne , se nomment parallèles. Le zénithd’un observateur, est le point du ciel que sa verticale va