DU SYSTÈME DU MONDE. 7
l’automne : enfin l’hiver est l’intervalle du solstice d’hiver à l’équinoxedu printemps.
La présence du soleil sur l’horizon, étant la cause de la chaleur;il semble que la température devrait être la même en été qu’auprintemps, et dans l’hiver qu’en automne. Mais la température n’estpas un effet instantané de. la présence du soleil : elle est le résultatde son action long-temps continuée. Elle n’atteint son maximumdans le jour, qu’après la plus grande hauteur de cet astre surl’horizon : elle n’y parvient dans l’année, qu’après la plus grandehauteur solsticiale du soleil.
Les divers climats offrent des variétés remarquables, que nousallons suivre de l’équateur aux pôles. Al’équateur, l’horizon coupe endeux parties égales, tous les parallèles ; le jour y est donc constam-ment égal à la nuit. Le soleil s’élève à midi, jusqu’au zénith, dansles équinoxes. Les hauteurs méridiennes de cet astre dans les sols-tices, sont les plus petites et égales au complément de l’inclinaisonde l’écliptique à l’équateur : les ombres solaires ont alors des di-rections opposées, ce qui n’arrive point dans nos climats où ellessont toujours à midi, dirigées vers le nord; il y a donc à proprementparler, deux hivers et deux étés, chaque année, sous l’équateur.La même chose a lieu dans tous les pays où la hauteur du pôleest moindre que l’obliquité de l’écliptique. Au-delà, le soleil nes’élevant jamais au zénith, il n’y a plus qu’un hiver et un été dansl’année : le plus long jour augmente, et le plus court diminue, àmesure que l’on avance vers le pôle; et lorsque le zénith n’en estéloigné que d’un angle égal à l’obliquité de l’écliptique, le soleil nese couche point au solstice d’été, il ne se lève point au solsticed’hiver. Elus près du pôle encore, le temps de sa présence et celuide son absence sur l’horizon vers les solstices, surpassent plusieursjours et même plusieurs mois. Enfin sous le pôle, l’horizon étantl’équateur même, le soleil est toujours au-dessus, quand il est dumême côté de l’équateur que le pôle : il est constamment au-dessous,quand il est de l’autre côté de l’équateur; il n’y a donc qu’un jouret une nuit dans l’année.
Suivons plus particulièrement la marche du soleil. D’abord onobserve une inégalité dans les intervalles qui séparent les équinoxes