Buch 
Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
Entstehung
Seite
19
JPEG-Download
 

DU SYSTEME DU MOIS'DE.

*9

correspondance au même instant physique. Cest peut-être le mo-nument le plus ancien et le plus incontestable des connaissanceshumaines : il paraît indiquer une source commune d elles sesont répandues ; mais le système astronomique qui lui sert de base,est une preuve de leur imperfection à cette origine.

Il était facile , lorsquon réforma le calendrier grégorien , de fixerau solstice dhiver, le commencement de lannée; ce qui aurait faitconcourir lorigine de chaque saison, avec le commencement dunmois. Il était facile encore de rendre plus régulière, la longueur desmois, en donnant vingt-neuf]ours à celui de février dans les annéescommunes, et trente jours dans les bissextiles, et en faisant lesautres mois, alternativement de trente-un et de trente jours : ileût été commode de les désigner tous par leur rang ordinal. Encorrigeant ensuite , connue on vient de le dire , lintercalationadoptée ; le calendrier grégorien qeût laissé presque rien à désirer.Mais convient-il de lui donner ce degré de perfection ? Il me semblequil nen résulterait pas assez davantages, pour compenser lesembarras quun pareil changèrent introduirait dans nos habitudes,dans nos rapports avec les autres peuples, et dans la chronologiedéjà trop compliquée par la multitude des ères. Si lon considère quece calendrier est maintenant celui de presque toutes les nationsdEurope et dAmérique , et quil a fallu deux siècles et toute lin-fluence de la religion , pour lui procurer cette universalité ; onsentira quil importe de lui conserver un aussi précieux avantage ,aux dépens même dune perfection qui ne porte pas sur des pointsessentiels. Car le principal objet dun calendrier, est doffrir unmoyen simple dattacher les événemens à la série des jours; etpar un mode facile dintercalation, de fixer dans la même saison,lorigine de lannée ; conditions qui sont bien remplies par le calen-drier grégorien.

De la réunion de cent années , on a formé le siècle , la plus longuepériode employée jusquici dans la mesure du temps; car lintervallequi nous sépare des plus anciens événemens connus, nen exige pasencore de plus grandes.