DU SYSTEME DU MOIS'DE.
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correspondance au même instant physique. C’est peut-être le mo-nument le plus ancien et le plus incontestable des connaissanceshumaines : il paraît indiquer une source commune d’où elles sesont répandues ; mais le système astronomique qui lui sert de base,est une preuve de leur imperfection à cette origine.
Il était facile , lorsqu’on réforma le calendrier grégorien , de fixerau solstice d’hiver, le commencement de l’année; ce qui aurait faitconcourir l’origine de chaque saison, avec le commencement d’unmois. Il était facile encore de rendre plus régulière, la longueur desmois, en donnant vingt-neuf]ours à celui de février dans les annéescommunes, et trente jours dans les bissextiles, et en faisant lesautres mois, alternativement de trente-un et de trente jours : ileût été commode de les désigner tous par leur rang ordinal. Encorrigeant ensuite , connue on vient de le dire , l’intercalationadoptée ; le calendrier grégorien q’eût laissé presque rien à désirer.Mais convient-il de lui donner ce degré de perfection ? Il me semblequ’il n’en résulterait pas assez d’avantages, pour compenser lesembarras qu’un pareil changèrent introduirait dans nos habitudes,dans nos rapports avec les autres peuples, et dans la chronologiedéjà trop compliquée par la multitude des ères. Si l’on considère quece calendrier est maintenant celui de presque toutes les nationsd’Europe et d’Amérique , et qu’il a fallu deux siècles et toute l’in-fluence de la religion , pour lui procurer cette universalité ; onsentira qu’il importe de lui conserver un aussi précieux avantage ,aux dépens même d’une perfection qui ne porte pas sur des pointsessentiels. Car le principal objet d’un calendrier, est d’offrir unmoyen simple d’attacher les événemens à la série des jours; etpar un mode facile d’intercalation, de fixer dans la même saison,l’origine de l’année ; conditions qui sont bien remplies par le calen-drier grégorien.
De la réunion de cent années , on a formé le siècle , la plus longuepériode employée jusqu’ici dans la mesure du temps; car l’intervallequi nous sépare des plus anciens événemens connus, n’en exige pasencore de plus grandes.