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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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2 G EXPOSITION

une même droite avec loeil de lobservateur ; il verra le soleil éclipsé.Si le diamètre appaient de la lune surpasse celui du soleil, léclipsesera totale ; mais si ce diamètre est plus petit, lobservateur verraun anneau lumineux formé par la partie du soleil, qui déborde ledisque de la lune , et alors léclipse sera annulaire. Si le centre dela lune nest pas sur la droite qui joint lobservateur et le centre dusoleil; la lune pourra néclipser quune partie du disque solaire, etléclipse sera partielle. Ainsi les variétés des distances du soleil etde la lune au centre de la terre, et celles de la proximité de la luneà ses noeuds, au moment de ses conjonctions , doivent en produirede très-grandes dans les éclipses de soleil. À ces causes se joint encorel'élévation de la lune sur lhorizon, élévation qui change la grandeurde son diamètre apparent, et qui par leffet de la parallaxe lunaire,peut augmenter ou diminuer la distance apparente des centres dusoleil et de la lune, de manière que de deux observateurs éloignésentre eux, lun peut voir une éclipse de soleil, qui na point lieupour lautre observateur. En cela, les éclipses de soleil diffèrent deséclipses de lune ,.qui sont les mêmes pour tous les lieux de la terre les deux astres sont élevés sur lhorizon.

On voit souvent lombre dun nuage emporté par les vents, par-courir rapidement les coteaux et les plaines, et dérober aux specta-teurs quelle atteint, la vue du soleil, dont jouissent ceux qui sontau-delà de ses limites : cest limage exacte des éclipses totales desoleil. On aperçoit alors autour du disque lunaire, une couronnedune lumière pâle, et qui probablement, est latmosphère mêmedu soleil ; car son étendue ne peut convenir à celle de la lune , etlon sest assuré par les éclipses du soleil et des étoiles, que celtedernière atmosphère est presque insensible.

Latmosphère dont on peut concevoir la lune environnée, infléchitles rayons lumineux vers le centre de cet astre ; et si, comme celadoit être, les couches atmosphériques sont plus rares, à mesurequelles sont plus élevées, ces rayons en y pénétrant, sinfléchissentde plus en plus, et décrivent une courbe concave vers sa surface.Un observateur placé sur la lune, ne cesserait donc de voir un astre,que lorsquil serait placé au-dessous de son horizon, dun angle quelon nomme réfraction horizontale. Les rayons émanés de cet astre