. DU SYSTÈME DU MONDE. =7
vu à l’horizon, après avoir rasé la surface de la lune, continuentleur route, en décrivant une courbe semblable à celle par laquelleils y sont parvenus. Ainsi un second observateur placé derrière lalune, relativement à l’astre , l’apercevrait encore, en vertu de l’in-flexion de ses rayons dans l’atmosphère lunaire. Le diamètre de lalune n’est point sensiblement augmenté par la réfraction de sonatmosphère ; une étoile éclipsée par cet astre, l’est donc plus tardque si cette atmosphère n’existait point, et par la même raison,elle cesse plus tôt d’être éclipsée ; ensorte que l’influence de l’atmo-sphère lunaire est principalement sensible sur la durée des éclipsesdu soleil et des étoiles par la lune. Des observations précises etmultipliées ont fait à peine soupçonner cette influence ; et l’on s’estassuré qu’à la surface de la lune, la réfraction horizontale n’excèdepas cinq secondes. Cette réfraction sur la terre, est au moins millefois plus grande; l’atmosphère lunaire, si elle existe , est donc d’unerareté extrême et supérieure à celle du vide que nous formons dansnos meilleures machines pneumatiques. De là, nous devons conclurequ’aucun des animaux terrestres ne pourrait respirer et vivre surla lune , et que si elle est habitée, ce ne peut être que par desanimaux d’une autre espèce. U y a lieu de penser que tout estsolide à sa surface ; car les grands télescopes nous la présententcomme une niasse aride sur laquelle on a cru remarquer les effetset même l’explosion des volcans.
Bouguer a trouvé par l’expérience, que la lumière de la pleinelune est environ trois cent mille fois plus faible que celle du soleil :c’est la raison pour laquelle cette lumière rassemblée au foyerdes plus grands miroirs, ne produit point d’effet sensible sur lethermomètre.
On distingue , surtout près des nouvelles lunes, la partie dudisque lunaire, qui n’est point éclairée par le soleil. Cette faibleclarté que l’on nomme lumière cendrée , est due à la lumière quel’hémisphère éclairé de la terre, réfléchit sur la lune ; et ce qui leprouve, c’est qu’elle est plus sensible vers la nouvelle lune , quandune plus grande partie de cet hémisphère, est dirigée vers cetastre. En effet, il est visible que la terre offrirait à un observateurplacé sur la lune, des phases semblables à celles que la lune nous