73 EXPOSITION
simple d’avoir les longitudes à la mer; et comme ce moyen estd’autant plus précis, que le temps pendant lequel on emploie cesmontres sans vérifier leur marche, est plus court ; elles sonttrès-utiles pour déterminer la position respective des lieux fortvoisins : elles ont même, à cet égard, quelque avantage sur lesobservations astronomiques dont la précision n’est point augmentéepar le peu d’éloignement des observateurs.
Les éclipses des satellites de Jupiter, qui se renouvellent fré-quemment, offriraient au navigateur, un moyen facile de connaîtresa longitude, s’il pouvait les observer à la mer ; mais les tentativesque l’on a faites pour surmonter les difficultés qu’opposent à cegenre d’observations, les mouvemens du vaisseau, ont été jusqu’àprésent infructueuses. La navigation et la géographie ont cependantretiré de grands avantages, de ces éclipses, et surtout de cellesdu premier satellite, dont on peut observer avec précision, lecommencement ou la fin. Le navigateur les emploie avec succèsdans ses relâches : il a besoin, à la vérité, de connaître l’heureà laquelle la même éclipse qu’il observe, serait vue sous un méridienconnu; puisque la différence des heures que l’on compte sous lesméridiens, est ce qui détermine la différence de leurs longitudes.Mais les tables du premier satellite de Jupiter, considérablementperfectionnées de nos jours, donnent pour le méridien de Paris ,les instans de ses éclipses, avec une précision presque égale àcelle des observations mêmes.
L’extrême difficulté d’observer sur mer, ces éclipses, a forcé derecourir aux autres phénomènes célestes parmi lesquels le mouve-ment de la lune est le seul qui puisse servir à la détermination deslongitudes terrestres. La position de la lune, telle qu’on l’observeraitdu centre de la terre, peut aisément se conclure de la mesure de sesdistances angulaires au soleil ou aux étoiles : les tables de son mouve-ment donnent ensuite l’heure que l’on compte sous le premier méri-dien, lorsque l’on y observe la même position ; et le navigateur, en lacomparant à l’heure qu’il compte sur le vaisseau, au moment de sonobservation, détermine sa longitude, par la différence de ces heures.
Pour apprécier l’exactitude de cette méthode, on doit considérercpi’en vertu de l’erreur de l’observation, le lieu de la lune, déterminé