Buch 
Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
Entstehung
Seite
73
JPEG-Download
 

DU SYSTÈME DU MONDE. 7 3

par l’observateur, ne répond pas exactement à l’heure désignée parson horloge; et qu’en vertu de l’erreur des tables, ce même lieu nese rapporte pas à l’heure correspondante qu’elles indiquent sous lepremier méridien; la différence de ces heures n’est donc pas celleque donneraient une observation et des tables rigoureuses. Supposonsque l’erreur commise sur cette différence, soit d’une minute : danscet intervalle, quarante minutes de l’équateur, passent au méridien;c’est l’erreur correspondante sur la longitude du vaisseau, et qui, àl’équateur, est d’environ quarante mille mètres ; mais elle est moindresur les parallèles : d’ailleurs, elle peut être diminuée par des obser-vations multipliées des distances de la lune au soleil et aux étoiles,et répétées pendant plusieurs jours, pour compenser et détruire lesunes par les autres, les erreurs de l’observation et des tables.

Il est visible que les erreurs sur la longitude, correspondantesà celles des tables et de l’observation, sont d’autant moindres, quele mouvement de l’astre est plus rapide; ainsi les observations dela lune périgée, sont à cet égard, préférables à celles de la luneapogée. Si l’on employait le mouvement du soleil, treize fois environ,plus lent que celui de la lune, les erreurs sur la longitude seraienttreize fois plus grandes; d’où il suit que de tous les astres, la luneest le seul dont le mouvement soit assez prompt pour servir à ladétermination des longitudes à la mer ; on voit donc combien ilétait utile d’en perfectionner les tables.

Il est à desirer que tous les peuples de l’Europe , au lieu derapporter au méridien de leur premier observatoire, les longitudesgéographiques, s’accordent à les compter d’un même méridiendonné par la nature elle-même, pour le retrouver sûrement danstous les temps. Cet accord introduirait dans leur géographie, lamême uniformité qqe présentent déjà leur calendrier et leur arith-métique, uniformité qui étendue aux nombreux objets de leursrelations mutuelles, formerait de ees peuples divers, une immensefamille. Ptolémée avait fait passer son premier méridien, par lesCanaries , comme étant la limite occidentale des pays alors connus.Cette raison de préférence ne subsiste plus depuis la découvertede l’Amérique . Mais l’une de ces îles nous offre un des points lesplus remarquables de la terre, par sa hauteur et son isolement, le

10