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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 9 5

Enfin, on doit appliquer aux hauteurs du baromètre, une légèrecorrection dépendante de la différence des températures du mercuredu baromètre dans les deux stations. Pour bien connaître cettedifférence, on enchâsse un petit thermomètre à mercure dans lamonture du baromètre, de manière que le mercure de ces deuxinstrumens soit toujours à fort peu près, à la même température.Dans la station la plus froide, le mercure est plus dense, et parcette cause, la colonne du mercure du baromètre est diminuée.Pour la ramener à la longueur qu’elle aurait, si la température étaitla même qu’à la station la plus chaude, il faut l’augmenter d’autantde fois sa 54i2 êmc partie, qu’il y a de degrés de différence entre lestempératures du mercure dans les deux stations.

Voici donc la règle qui me paraît à-la-fois, la plus exacte et laplus simple, pour mesurer les hauteurs par le baromètre. Oncorrigera d’abord, comme on vient de le dire, la hauteur du baro-mètre dans la station la plus froide. Ensuite , on ajoutera au facteuri8395 m -, le produit de 26 m -,i64 par le cosinus du double de lalatitude. On multipliera ce facteur ainsi corrigé, par le logarithmetabulaire du rapport de la plus grande à la plus petite hauteurcorrigée du baromètre. On multipliera enfin, ce produit, par ledouble de la somme des degrés du thermomètre qui indique latempérature de l’air à chaque station, et l’on ajoutera ce produitdivisé par mille, au précédent; la somme donnera à très-peu près,l’élévation de la station supéi’ieure au-dessus de l’inférieure, surtoutsi l’on a soin de faire les observations du baromètre, à l’instant dujour, le plus favorable, et qui paraît être celui de midi.

L’air est invisible en petites masses ; mais les rayons de lumière,réfléchis par toutes les couches de l’atmosphère, produisent uneimpression sensible. Ils le font voir avec une couleur bleue quirépand une teinte de même couleur sur tous les objets aperçus dansle lointain, et qui forme l’azur céleste. Cette voûte bleue, à laquelleles astres semblent attachés, est donc fort prés de nous : elle n’estque l’atmosphère terrestre, et c’est à d’immenses distances au-delà,que tous ces corps sont placés. Les rayons solaires que ses moléculesnous renvoient en abondance, avant le lever et après le coucherdu soleil, forment l’aurore et le crépuscule, qui s’étendant à