9 4 EXPOSITION
plus de vingt degrés de distance de cet astre, nous prouvent queles molécules extrêmes de l’atmosphère, sont élevées au moinsde soixante mille mètres.
Sil’œil pouvait distinguer etrapporter à leur vraie place, les pointsde la surface extérieure de l’atmosphère ; nous verrions le ciel commeune calotte sphérique, formée par la portion de cette surface queretrancherait un plan tangent à la terre ; et comme la hauteur dePatmosphère est fort petite relativement au rayon terrestre, le cielnous paraîtrait sous la forme d’une voûte surbaissée. Mais quoiquenous ne puissions pas distinguer les limites de l’atmosphère; cependantles rayons qu’elle nous renvoie, venant d’une plus grande profon-deur à l’horizon qu’au zénith, nous devons la juger plus étenduedans le premier sens, A cette cause se joint encore l’interpositiondes objets à l’horizon, qui contribue à augmenter la distanceapparente de la partie du ciel, que nous rapportons au-delà ; leciel doit donc nous paraître surbaissé tel que la calotte d’une sphère.Un astre élevé d’environ vingt-six degrés, semble diviser en deuxparties égales, la longueur de la courbe que forme depuis l’horizonjusqu’au zénith, la section de la surface du ciel, par un plan vertical;d’où il suit que si cette courbe est un arc de cercle, le rayonhorizontal de la voûte céleste apparente est à son rayon vertical,à peu près comme trois et un quart est à l’imité ; mais ce rapportvarie avec les causes de cette illusion. Les grandeurs apparentes dusoleil et de la lune, étant proportionnelles aux angles sous lesquelson les aperçoit, et à la distance apparente du point du ciel, auquelon les rapporte ; ils nous paraissent plus grands à l’horizon qu’auzénith, quoiqu’ils y soient vus sous un plus petit angle.
Les rayons lumineux ne se meuvent pas en ligne droite dansl’atmosphère : ils s’infléchissent continuellement vers la terre.L’observateur qui n’aperçoit les objets, que dans la direction de latangente à la courbe qu’ils décrivent, les voit plus élevés qu’ils nele sont réellement, et les astres paraissent sur l’horizon, alors mêmequ’ils sont abaissés au-dessous. En infléchissant les rayons du soleil,l’atmosphère nous fait ainsi jouir plus long-temps de sa présence,et augmente Indurée du jour, que prolongent encore l’aurore et lecrépuscule. Il importait extrêmement aux astronomes de connaître