DU SYSTÈME DU MONDE.
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CHAPITRE IL
Maintenant, puisque la révolution diurne du ciel n’est qu’uneillusion produite par la rotation de la terre ; il est naturel de penserque la révolution annuelle du soleil emportant avec lui toutes lesplanètes, n’est pareillement qu’une illusion due au mouvement detranslation de la terre autour du soleil. Les considérations suivantesne laissent aucun doute à cet égard.
Les masses du soleil et de plusieurs planètes, sont considérable-ment plus grandes que celle de la terre ; il est donc beaucoup plussimple de faire mouvoir celle-ci autour du soleil, que de mettreen mouvement autour d’elle, tout le système solaire. Quelle com-plication dans les mouvemens célestes, entraîne l’immobilité de laterre ! Quel mouvement rapide il faut supposer alors à Jupiter , àSaturne près de dix fois plus éloigné que le soleil, à la planèteUranus plus distante encore, pour les faire mouvoir, chaque année,autour de nous, tandis qu’ils se meuvent autour du soleil ! Cettecomplication et cette rapidité de mouvemens disparaissent par lemouvement de translation de la terre, mouvement conforme à la loigénérale suivant laquelle les petits corps célestes circulent autourdes grands corps dont ils sont voisins.
L’analogie de la terre avec les planètes, confirme ce mouvement.Ainsi que Jupiter , elle tourne sur elle-même, et elle est accom-pagnée d’un satellite. Un observateur à la surface de Jupiter ,jugerait le système solaire en mouvement autour de lui, et lagrosseur de la planète rendrait cette illusion moins invraisemblableque pour la terre. N’est-il pas naturel de penser que le mouvement