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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE.

même nature , et les différences qui existent, soit dans leursmolécules intégrantes, soit dans le nombre et la grandeur desintervalles ou pores qui séparent ces molécules, en apportent detrès-grandes entre leurs masses renfermées sous le même volume.La géométrie devient alors insuffisante pour déterminer le rapportde ces masses, et il est indispensable de recourir à la mécanique.

Si l’on imagine deux globes de différentes matières, et que l’onfasse varier leurs diamètres, jusqu’à ce qu’en les animant de vitesseségales et directement contraires, ils se fassent équilibre; on serasûr qu’ils renfermeront le même nombre de points matériels, etpar conséquent,, des masses égales. On aura donc ainsi le rapportdes volumes de ces substances à égalité de masse; ensuite, à l’aidede la géométrie, on en conclura le rapport des masses de deuxvolumes quelconques des mêmes substances. Mais cette méthodeserait d’un usage très-pénible dans les comparaisons nombreusesqu’exigent à chaque instant, les besoins du commerce. Heureuse-ment, la nature nous offre dans la pesanteur des corps, un moyentrès-simple de comparer leurs masses.

On a vu dans le chapitre précédent, que chaque point matérieldans le même lieu de la terre, tend à se mouvoir avec la mêmevitesse par l’action de la pesanteur : la somme de ces tendances estce qui constitue le poids d’un corps ; ainsi les poids sont propor-tionnels aux masses. Il suit de là que si deux corps suspendus auxextrémités d’un fil qui passe sur une poulie, se font équilibre lorsqueles deux parties du fil sont égales de chaque côté de la poulie; lesmasses de ces corps sont égales, puisque tendant à se mouvoiravec la même vitesse par l’action de la pesanteur, elles agissentl’une sur l’autre, comme si elles se choquaient avec des vitesseségales et directement contraires. On peut encore mettre les deuxcorps en équilibre, au moyen d’une balance dont les bras et lesbassins sont parfaitement égaux, et alors on sera sur de l’égalitéde leurs masses. On aura ainsi le rapport des masses de diffërenscorps, au moyen d’une balance exacte et sensible, et d’un grandnombre de petits poids égaux ; en déterminant le nombre de cespoids, nécessaire pour tenir ces masses en équilibre.

La densité d’un corps dépend du nombre de ses points matériels