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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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EXPOSITION

valions et des élémens employés dans le calcul ; il est certain quela force principale qui retient la lune dans son orbite, est lapesanteur terrestre affaiblie en raison du carré de la distance. Ainsila loi de la diminution de la pesanteur, qui pour les planètesaccompagnées de plusieurs satellites, est prouvée par la compa-raison de leurs distances, et des durées de leurs révolutions, estdémontrée pour la lune, par la comparaison de son mouvement,avec celui des projectiles à la surface de la terre. Déjà les obser-vations du pendule, faites au sommet des montagnes, indiquaientcette diminution de la pesanteur terrestre ; mais elles étaientinsuffisantes pour en découvrir la loi, l’élévation du sommet desplus hautes montagnes, étant toujours fort petite par rapport aurayon de la terre : il fallait un astre éloigné de nous, comme lalune, pour rendre cette loi très-sensible, et pour nous convaincreque la pesanteur sur la terre, n’est qu’un cas particulier d’uneforce répandue dans tout l’univers.

Chaque phénomène éclaire d’une lumière nouvelle, les lois de lanature, et les confirme. C’est ainsi que la comparaison desexpéiiencessur la pesanteur, avec le mouvement lunaire, nous montre clairementque l’on doit fixer l’origine des distances, aux centres de gravité dusoleil et des planètes, dans le calcul de leurs forces attractives; caril est visible que cela a lieu pour la terre dont la force attractiveest de la même nature que celles du soleil et des planètes.

Une forte analogie nous porte à étendre cette propriété attractive,aux planètes mêmes qui ne sont point accompagnées de satellites.La sphéricité commune à tous ces corps, indique évidemment queleurs molécules sont réunies autour de leurs centres de gravité,par une force qui à distances égales, les sollicite également versces points. Cette force se manifeste encore dans les perturbationsqu’elle fait éprouver aux mouvemens planétaires : mais la considé-ration suivante ne laisse sur son existence, aucun doute. On a vuque si les planètes et les comètes étaient placées à la même distancedu soleil, leurs poids vers cet astre, seraient proportionnels à leursmasses; or c’est une loi générale de la nature, que la réaction estégale et contraire à l’action; tous ces corps réagissent donc sur lesoleil, et l’attirent en raison de leurs masses; par conséquent ils