2 52 EXPOSITION
celles qu’on y observe; la pesanteur de la terre vers le soleil, estdonc le résultat des pesanteurs de toutes ses molécules qui, parconséquent, attirent le soleil, en raison de leurs masses respectives.D’ailleurs chaque corps sur la terre, pèse vers son centre propor-tionnellement à sa masse ; il réagit donc sur elle, et l’attire suivantle même rapport : si cela n’était pas, et si une partie de la terre,quelque petite qu’on la suppose, n’attirait pas l’autre partie, commeelle en est attirée; le centre de gravité de la terre serait mu dansl’espace en vertu de la pesanteur; ce qui est inadmissible.
Les phénomènes célestes comparés aux lois du mouvement, nousconduisent donc à ce grand principe de la nature, savoir, que toutesles molécules de la matière s'attirent mutuellement, en raisondes masses, et réciproquement au carré des distances. Déjà l’onentrevoit dans cette gravitation universelle, la cause perturbatricedes mouvemens elliptiques; car les planètes et les comètes étantsoumises à leur action réciproque, elles doivent s’écarter un peudes lois de ce mouvement, qu’elles suivraient exactement, si ellesn’obéissaient qu’à Faction du soleil. Les satellites troublés dans leursmouvemens autour de leurs planètes, par leur attraction mutuelleet par celle du soleil, s’écartent pareillement de ces lois. On voitencore que les molécules de chaque corps céleste, réunies par leurattraction, doivent former une masse à peu près sphérique; et quela résultante de leur action à la surface du corps, doit y produiretous les phénomènes de la pesanteur. On voit pareillement que lemouvement de rotation des corps célestes, doit altérer un peu lasphéricité de leur figure, et l’aplatir aux pôles ; et qu’alors larésultante de leurs actions mutuelles ne passant point exactementpar leurs centres de gravité, elle doit produire dans leurs axes derotation, des mouvemens semblables à ceux que l’observation y faitapercevoir. Enfin, on entrevoit que les molécules de l’Océan,inégalement attirées par le soleil et la lune, doivent avoir un mou-vement d’oscillation, pareil au flux et reflux de la mer. Mais ilconvient de développer ces divers effets du principe général de lapesanteur, pour lui donner toute la certitude dont les véritésphysiques sont susceptibles.