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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 27$

totale, c’est-à-dire, à la différence des hauteurs de la pleine et dela basse mer; supposons que les arcs de cette circonférence, àpartir du point le plus bas, expriment les tems écoulés depuisla basse mer; les sinus verses de ces arcs seront les hauteurs dela mer, qui correspondent à ces temps : ainsi la mer en s’élevant,baigne en temps égal, des arcs égaux de cette circonférence.

Cette loi s’observe exactement au milieu d’une mer libre de touscôtés ; mais dans nos ports, les circonstances locales en écartentun peu les marées : la mer y emploie un peu plus de temps àdescendre qu’à monter; et à Brest , la différence de ces deux tempsest d’environ dix minutes et demie.

Plus une mer est vaste, plus les phénomènes des marées doiventêtre sensibles. Dans une masse fluide, les impi'essions que reçoitchaque molécule, se communiquent à la masse entière ; c’est parlà que l’action du soleil, qui est insensible sur une molécule isolée,produit sur l’océan, des effets remarquables. Imaginons un canalcourbé sur le fond de la mer, et terminé à l’une de ses extrémités ypar un tube vertical qui s’élève au-dessus de sa surface , et dont leprolongement passe par le centre du soleil. L’eau s’élèvera dansce tube, par l’action directe de l’astre qui diminue la pesanteurde ses molécules, et surtout par la pression des molécules ren-fermées dans le canal, et qui toutes font un effort pour se réunirau-dessous du soleil L’élévation de l’eau dans le tube, au-dessusdu niveau naturel de la mer, est l’intégrale de ces efforts infinimentpetits : si la longueur du canal augmente, cette intégrale sera plusgrande, parce qu’elle s’étendra sur un plus long espace, et parcequ’il y aura plus de différence dans la direction et dans la quantitédes forces dont les molécules extrêmes seront animées. On voitpar cet exemple, l’influence de l’étendue des mers sur les phéno-mènes des marées, et la raison pour laquelle le flux et le refluxsont insensibles dans les petites* mers, telles que la mer Noire etla mer Caspienne .

La grandeur des marées dépend beaucoup des cii’constanceslocales •. les ondulations de la mer, resserrées dans un détroit )peuvent devenir fort grandes; la réflexion des eaux par les côtesopposées, peut les augmenter encore. C’est ainsi que les marées