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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 277

D’instant de la marée lunaire n’est pas toujours le même que celuide la marée solaire, puisque leurs périodes sont differentes. Sideux de ces marées coïncident ; la marée lunaire suivante retarderasur la marée solaire, de l’excès d’un demi-jour lunaire sur un demi-jour solaire, c’est-à-dire, de 1752",5. Ces retards s’accumulant dejour en jour ; la pleine mer lunaire finira par coïncider avec la bassemer solaire, et réciproquement. Lorsque les deux marées lunaireet solaire coïncident, la marée composée est la plus grande; cequi produit les grandes marées vers les sysigies. La marée composéeest la plus petite, quand la pleine mer relative à l’un des astres,coïncide avec la basse mer relative à l’autre; ce qui produit lespetites marées vers les quadratures. Si la marée solaire l’emportaitsur la marée lunaire ; il est visible que les heures de la plus grandeet de la plus petite marée composée, coïncideraient avec l’heureà laquelle la marée solaire arriverait, si elle existait seule. Maissi la marée lunaire l’emporte sur la marée solaire; alors, la pluspetite marée composée coïncide avec la basse mer solaire, et parconséquent, son heure est à un quart de jour d’intervalle, del’heure de la plus grande marée composée. Voilà donc un moyensimple de reconnaître si la marée lunaire est plus grande oumoindre que la marée solaire. Toutes les observations concourentà faire voir que l’heure des plus petites marées diffère d’un quartde jour, de celle des plus grandes marées : ainsi, la marée lunairel’emporte sur la marée solaire.

On a vu dans le premier livre, que la valeur moyenne de laplus grande marée totale dans les équinoxes, est de 6 m ,24g, et quela valeur moyenne de la plus petite’, est de 3 m ,ogg. Il est aiséd’en conclure après les réductions convenables, que la maréemoyenne lunaire, celle qui répond à la partie constante de laparallaxe de la lune, est trois fois plus grande que la marée moyennesolaire, ou, ce qui revient au même, que l’action de la lune poursoulever les eaux de la mer, est triple de celle du soleil.

La grandeur des variations des. marées totales près de leurmaximum et de leur minimum , est exactement la même par lathéorie de la pesanteur, que suivant les. observations. Leuraccroissement en s’éloignant du minimum , est double de leur