5 j o EXPOSITION
à l’ensemble de ces preuves, et de ne pas convenir que rien n’estmieux démontré dans la philosophie naturelle, que le mouvementde la terre, et le principe de la gravitation universelle, en raisondes masses, et réciproque au carré des distances.
L’extrême difficulté des problèmes relatifs au système du monde,force de recourir à des approximations qui laissent toujours àcraindre que les quantités négligées n’aient sur leurs résultats ,une influence sensible. Lorsque les Géomètres ont été avertis parl’observation , de cette influence, ils sont revenus sur leur analyse :en la rectifiant, ils ont toujours retrouvé la cause des anomaliesobservées : ils en ont déterminé les lois, et souvent ils ont devancél’observation, en découvrant des inégalités qu’elle n’avait pas encoreindiquées. Les théories de la lune, de Saturne , de Jupiter et de sessatellites offrent, comme on l’a vu, beaucoup d’exemples de cegenre. Ainsi l’on peut dire que la nature elle-même a concouru àla perfection des théories astronomiques, fondées sur le principede la pesanteur universelle : c’est à mon sens, l’une des plus fortespreuves de la vérité de ce principe admirable.
Ce principe est-il une loi primordiale de la nature? n’est-il qu’uneffet général d’une cause inconnue ? Ici, l’ignorance où nous sommes'des propriétés intimes de la matière, nous arrête, et nous ôte toutespoir de répondre d’une manière satisfaisante à ces questions. Aulieu de former sur cela, des hypothèses 5 bornons-nous à examinerplus particulièrement, la manière dont le principe de la gravitationa été employé par les Géomètres.
Ils sont partis des cinq suppositions suivantes, savoir, i° que lagravitation a heu entre les plus petites molécules des corps; 2 ° qu’elleest proportionnelle aux masses ; 5° qu’elle est réciproque au carrédes distances ; 4° qu’elle se transmet dans un instant d’un corpsà l’autre ; 5° enfin, qu’elle agit également sur les corps en repos,et sur ceux qui, déjà mus dans sa direction, semblent se soustraireen partie, à son activité.
La première de ces suppositions est, comme on l’a vu, unrésultat nécessaire de l’égalité qui existe entre l’action et la réaction;chaque molécule de la terre devant attirer la terre entière, commeelle en est attirée. Cette supposition est confirmée d’ailleurs, par