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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 3xi

les mesures des degrés des méridiens et du pendule ; car au tra-vers des irrégularités que les degrés mesurés semblent indiquerdans la figure de la terre; on démêle, si je puis ainsi dire, les traitsd’une figure régulière et conforme à la théorie. Les deux inégalitésdu mouvement lunaire en longitude et en latitude, dues à l’ellip-ticité de la terre, prouvent encore que son attraction se composedes attractions de toutes ses molécules ; enfin la même chose estdémontrée pour Jupiter, par la grande influence de son aplatissementsur les mouvemens des noeuds et des périjoves de ses satellites.

La proportionnalité de la force attractive aux masses , estdémontrée sur la terre, par les expériences du pendule dont lesoscillations sont exactement de la même durée, quelles que soientles substances que l’on fait osciller : elle est prouvée dans lesespaces célestes , par le rapport constant des carrés des temps dela révolution des corps qui circulent autour d’un foyer commun,aux cubes des grands axes de leurs orbites. L’action de la pesanteurn’est point troublée par les causes qui, sans changer la masse d’unsystème de corps, peuvent en altérer considérablement la consti-tution intime. Ainsi les effervescences, le développement des gaz,l’électricité, la chaleur et les combinaisons produites par le mélangede plusieurs substances contenues dans un vaisseau fermé, n’altèrentson poids, ni pendant, ni après le mélange. On a pareillementobservé qu’une lame d’acier, après avoir été fortement aimantée,conserve le même poids qu’auparavant : l’égalité de Faction à laréaction, et l’analogie nous prouvent que de semblables phénomènes,en se développant dans la terre et dans tous les corps célestes, nefont varier leur force attractive, que par les changemens qu’ilsproduisent dans la position des molécules, autour du centre degravité de ces corps ; changemens dont les effets deviennent insen-sibles à de grandes distances.

On a vu dans le premier chapitre, avec quelle précision le repospresque absolu des périhélies des orbes planétaires, indique la loide la pesanteur réciproque au carré des distances ; et maintenantque nous connaissons la cause des petits mouvemens de ces péri-hélies, nous devons regarder cette loi, comme étant rigoureuse.Elle est celle de toutes les émanations qui partent d’un centre,