5i2 exposition
telles que la lumière ; il paraît même que toutes les forces dontl’action se fait apercevoir à des distances sensibles, suivent cetteloi : on a reconnu depuis peu, que les attractions et les répulsionsélectriques et magnétiques décroissent en raison du carré desdistances, ensorte que toutes ces forces ne s’affaiblissent en sepropageant, que parce qu’elles s’étendent comme la lumière; leursquantités étant les mêmes sur les diverses surfaces sphériques quel’on peut imaginer autour de leurs foyers. Une propriété remar-quable de cette loi de la nature, est que si les dimensions de tousles corps de cet univers, leurs distances mutuelles et leurs vitesses,venaient à augmenter ou à diminuer proportionnellement ; ilsdécriraient des courbes entièrement semblables à celles qu’ilsdécrivent, et leurs apparences seraient exactement les mêmes; carles forces qui les animent, étant le résultat d’attractions propor-tionnelles aux masses divisées par le carré des distances, ellesaugmenteraient ou diminueraient proportionnellement aux dimen-sions du nouvel univers. On voit en même temps, que cettepropriété ne peut appartenir qu’à la loi de la nature. Ainsi, lesapparences des mouvemens de l’univers sont indépendantes de sesdimensions absolues, comme elles le sont, du mouvement absoluqu’il peut avoir dans l’espace ; et nous ne pouvons observer etconnaître que des rapports. Cette loi donne aux sphères, la propriétéde s’attirer mutuellement, comme si leurs masses étaient réunies aleurs centres. Elle termine encore les orbes et les figures des corpscélestes, par des lignes et des surfaces du second ordre, du moinsen négligeant leurs perturbations, et en les supposant fluides.
Nous n’avons aucun moyen pour mesurer la durée de la propa-gation de la pesanteur ; parce que l’attraction du soleil ayant unefois atteint les planètes, cet astre continue d’agir sur elles, commesi sa force attractive se communiquait dans un instant, auxextrémités du système planétaire ; on ne peut donc pas savoir encombien de temps elle se transmet à la terre ; de même qu’il eutété impossible, sans les éclipses des satellites de Jupiter, et sansl’aberration, de reconnaître le mouvement successif de la lumière.Il n’en est pas ainsi de la petite différence qui peut exister dansfaction de la pesanteur sur les corps, suivant la direction et la