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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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366 EXPOSITION

physiques. Cette période était en usage chez les Arabes , les Juifs,les Assyriens, en Chine , et dans tout l’Orient. Il est impossible aumilieu de tant de peuples divers, d’en reconnaître l’inventeur : nouspouvons seulement affirmer qu’elle est le plus ancien monumentdes connaissances astronomiques.

Ces connaissances paraissent avoir été la base de toutes lesthéogonies, dont l’origine s’explique ainsi de la manière la plussimple. En Chaldée et dans l’ancienne Égypte, l’Astronomie nefut cultivée que dans les temples, par des prêtres qui fondèrent surelle, les superstitions dont ils étaient les ministres. L’histoire fabu-leuse des héros et des dieux qu’ils présentaient à la crédule ignorance,n’était qu’une allégorie des phénomènes célestes et des opérationsde la nature, allégorie que le pouvoir de l’imitation, l’un des prin-cipaux ressorts du monde moral, a perpétuée jusqu’à nous dansles institutions religieuses. Profitant pour consolider leur empire,du désir si naturel de pénétrer l’avenir, ils créèrent l’Astrologie.L’homme porté par les illusions des sens, à se regarder comme lecentre de l’univers, se persuada facilement que les astres influentsur sa destinée;, et qu’il est possible de la prévoir par l’observationde leurs aspects au moment de sa naissance. Cette erreur chèreà son amour-propre, et nécessaire à son inquiète curiosité, estaussi ancienne que l’Astronomie : elle s’est maintenue jusqu’à la finde l’avant-dernier siècle, époque à laquelle la connaissance géné-ralement répandue du vrai système du monde, l’a fait pour toujoursdisparaître.

L’origine de l’Astronomie en Perse et dans l’Inde , se perd commechez tous les peuples, dans les ténèbres des premiers temps deleur histoire. Les Tables indiennes supposent une Astronomieassez avancée; mais tout porte à croire qu’elles ne sont pas d’unehaute antiquité. Ici je m’éloigne avec peine, de l’opinion d’unillustre et malheureux ami dont la mort, éternel sujet de douleurset de regrets, est une preuve affreuse de l’inconstance de la faveurpopulaire. Après avoir honoré sa vie, par des travaux utiles auxsciences et à l’humanité, par ses vertus et par un noble caractère;il périt victime de la plus sanguinaire tyrannie, opposant le calme,et la dignité du juste, aux outrages d’un peuple dont il avait été,