DU SYSTÈME DU MONDE. 567
-l’idole. Les Tables indiennes ont deux époques principales quiremontent, l’une à l’année 5102 avant notre ère, l’autre à i4gi.Ces époques sont liées par les mouvemens du soleil, de la luneet des planètes, de manière qu’en partant de la position que lesTables indiennes assignent à tous ces astres à la seconde époque,et remontant à la première au moyen de ces Tables, on trouvela conjonction générale qu’elles supposent à cette époque. Le savantcélèbre dont je viens de parler, Bailli, a cherché à établir dansson Traité de l’Astronomie indienne, que cette première époqueétait fondée sur les observations. Malgré ses preuves exposées avecla clarté qu’il a su répandre sur les matières les plus abstraites,je regarde comme très-vraisemblable qu’elle a été imaginée pourdonner dans le zodiaque, une commune origine aux mouvemensdes corps célestes. Nos dernières Tables astronomiques, consi-dérablement perfectionnées par la comparaison de la théorie avecun grand nombre d’observations très-précises, ne permettent pasd’admettre la conjonction supposée dans les Tables indiennes :elles offrent même à cet égard, des différences beaucoup plusgrandes que les erreurs dont elles sont encore susceptibles. A lavérité, quelques élémens de l’Astronomie des Indiens, n’ont puavoir la grandeur qu’ils leur assignent, que long-temps avant notreère : il faut, par exemple, remonter jusqu’à six mille ans, pourretrouver leur équation du centre du soleil. Mais indépendammentdes erreurs de leurs déterminations, on doit observer qu’ils n’ontconsidéré les inégalités du soleil et de la lune, que relativementaux éclipses, dans lesquelles l’équation annuelle de la lune s’ajouteà l’équation du centre du soleil, et l’augmente d’une quantité à peuprès égale à la différence de sa véritable valeur, à celle des Indiens.Plusieurs élémens, tels que les équations du centre de Jupiter etde Mars , sont très-dififérens dans les Tables indiennes, de ce qu’ilsdevaient être à leur première époque : l’ensemble de ces Tables,et surtout l’impossibilité de la conjonction générale qu’elles sup-posent, prouvent qu’elles ont été construites, ou du moins rectifiéesdans des temps modernes. C’est ce qui résulte encore des moyensmouvemens qu’elles assignent à la lune par rapport à son périgée,à ses nœuds et au soleil, et qui plus rapides que suivant Ptolémée ,