DU SYSTÈME DU MONDE. 3 7 i
l’agriculture, les forcèrent de recourir au soleil, pour distinguerles saisons ; ils ne renoncèrent point à l’ancien usage de mesurerle temps par les révolutions de la lune dont on pouvait ainsiconnaître l’âge, par les jours du mois. Us cherchèrent à établirentre les révolutions de cet astre et celles du soleil, un accordfondé sur des périodes qui renfermassent des nombres entiers deces révolutions. La plus simple est celle de dix-neuf ans ; Meton établit donc un cycle de dix-neuf années lunaires dont douzeétaient communes ou de douze mois ; les sept autres en avaienttreize. Ces mois étaient inégaux et ordonnés de manière que surles deux cent trente-cinq mois du cycle, cent quatorze étaient devingt-neuf jours, et cent vingt-un de trente jours. Cet arrangementproposé par Meton, à la Grèce assemblée dans les jeux olympiques,fut reçu avec un applaudissement universel, et unanimement adoptépar toutes les villes et les colonies grecques. Mais on ne tarda pasà s’apercevoir qu’à la fin d’une période, le nouveau calendrieravançait d’environ un quart de jour sur la nouvelle lune. Calippeproposa de quadrupler le cycle de dix-neuf ans, et d’en formerune période de soixante et. seize ans, à la fin de laquelle ouretrancherait un jour. Cette nouvelle période fut nommée Calippique,du nom de son auteur.
Vers le temps d’Alexandre, Pythéas illustra Marseille sa patrie,comme géographe et comme astronome. On lui doit une observationde la longueur méridienne du gnomon, au solstice d’été dans cetteville : c’est la plus ancienne observation de ce genre, après cellede Tcheou-Kong. Elle est précieuse en ce qu’elle confirme ladiminution successive de l’obliquité de l’écliptique ( Not. XII). Ondoit regretter que les anciens astronomes n’aient, pas fait, un plusgrand usage du gnomon qui comporte bien plus d’exactitude queleurs armilles. En prenant quelques précautions faciles, pour nivelerla surface sur laquelle l’ombre se projette, ils auraient pu nouslaisser sur les déclinaisons du soleil et de la lune, des observationsqui seraient maintenant fort utiles.