EXPOSITION
570
Suivant les Pythagoriciens , les comètes elles-mêmes sont enmouvement comme les planètes, autour du soleil : ce ne sontpoint des météores passagers formés dans notre atmosphère, maisdes ouvrages éternels de la nature. Ces notions parfaitement justesdu système du Monde, ont été saisies et présentées par Sénèque -,avec l’enthousiasme qu’une grande idée sur l’un des objets les plusvastes des connaissances humaines, doit exciter dans l’amc duphilosophe : cc Ne nous étonnons point, dit-il, que l’on ignore encore» la loi du mouvement des comètes dont le spectacle est si rare;j> et qu’on ne connaisse ni le commencement ni la fin de la» révolution de ces astres, qui descendent d’une énorme distance.y> II n’y a pas quinze cents ans que la Grèce a compté les étoiles,y> et leur a donné des noms..... Le jour viendra que par une étude» suivie de plusieurs siècles , les choses actuellement cachées» paraîtront avec évidence ; et la postérité s’étonnera que des vérités» si claires nous aient échappé.» On pensait encore dans la mêmeécole, que les planètes sont habitées, et que les étoiles sont dessoleils disséminés dans l’espace, et les centres d’autant de systèmesplanétaires. Ces vues philosophiques auraient du par leur grandeuret leur justesse, entraîner les suffrages de l’antiquité; mais ayantété accompagnées d’opinions systématiques, telles que l’harmoniedes sphères célestes, et manquant d’ailleurs des preuves qu’ellesont acquises depuis par leur accord avec les observations ; il n’estpas surprenant que leur vérité contraire aux illusions des sens,ait été méconnue.
La seule observation que l’histoire de l’Astronomie nous offrechez les Grecs, avant l’école d’Alexandrie, est celle du solsticed’été de l’an 452 avant notre ère, par Me ton et Euctemon. Lepremier de' ces astronomes se rendit célèbre par le cycle de dix-neuf années correspondantes à deux cent trente-cinq lunaisons,qu’il introduisit dans le calendrier. La méthode la plus simple demesurer le temps, est celle qui n’emploie que les révolutionssolaires; mais dans le premier âge des peuples, les phases de lalune offraient à leur ignorance, une division si naturelle du temps,qu’elle fut généralement admise. Ils-réglèrent leurs fêtes et leursjeux, sur le retour de ces phases ; et quand les besoins de