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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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EXPOSITION

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Suivant les Pythagoriciens , les comètes elles-mêmes sont enmouvement comme les planètes, autour du soleil : ce ne sontpoint des météores passagers formés dans notre atmosphère, maisdes ouvrages éternels de la nature. Ces notions parfaitement justesdu système du Monde, ont été saisies et présentées par Sénèque -,avec lenthousiasme quune grande idée sur lun des objets les plusvastes des connaissances humaines, doit exciter dans lamc duphilosophe : cc Ne nous étonnons point, dit-il, que lon ignore encore» la loi du mouvement des comètes dont le spectacle est si rare;j> et quon ne connaisse ni le commencement ni la fin de la» révolution de ces astres, qui descendent dune énorme distance.y> II ny a pas quinze cents ans que la Grèce a compté les étoiles,y> et leur a donné des noms..... Le jour viendra que par une étude» suivie de plusieurs siècles , les choses actuellement cachées» paraîtront avec évidence ; et la postérité sétonnera que des vérités» si claires nous aient échappé.» On pensait encore dans la mêmeécole, que les planètes sont habitées, et que les étoiles sont dessoleils disséminés dans lespace, et les centres dautant de systèmesplanétaires. Ces vues philosophiques auraient du par leur grandeuret leur justesse, entraîner les suffrages de lantiquité; mais ayantété accompagnées dopinions systématiques, telles que lharmoniedes sphères célestes, et manquant dailleurs des preuves quellesont acquises depuis par leur accord avec les observations ; il nestpas surprenant que leur vérité contraire aux illusions des sens,ait été méconnue.

La seule observation que lhistoire de lAstronomie nous offrechez les Grecs, avant lécole dAlexandrie, est celle du solsticedété de lan 452 avant notre ère, par Me ton et Euctemon. Lepremier de' ces astronomes se rendit célèbre par le cycle de dix-neuf années correspondantes à deux cent trente-cinq lunaisons,quil introduisit dans le calendrier. La méthode la plus simple demesurer le temps, est celle qui nemploie que les révolutionssolaires; mais dans le premier âge des peuples, les phases de lalune offraient à leur ignorance, une division si naturelle du temps,quelle fut généralement admise. Ils-réglèrent leurs fêtes et leursjeux, sur le retour de ces phases ; et quand les besoins de