DU SYSTÈME DU MONDE. 38 1
supérieures au soleil, était mue sur un épicycle dont le centredécrivait autour de la terre, un excentrique , dans un temps égalà celui de la révolution de la planète. La période du mouvement del’astre sur l’épicycle, était celle d’une révolution solaire; et il setrouvait toujours en opposition au soleil, lorsqu’il atteignait le pointde l’épicycle, le plus près de la terre. Rien ne déterminait dans cesystème, la grandeur absolue des cercles et des épicycles : Ptolémée n’avait besoin que de connaître le rapport du rayon de chaqueépicycle, à celui du cercle décrit par son centre. Il faisait mouvoirpareillement chaque planète inférieure, sur un épicycle dont le centredécrivait un excentrique autour de la terre ; mais le mouvement dece point était égal au mouvement solaire, et la planète parcouraitson épicycle, pendant un temps qui, dans l’Astronomie moderne,est celui de sa révolution autour du soleil : la planète était toujoursen conjonction avec lui, lorsqu’elle parvenait au point le plus basde son épicycle. Rien ne déterminait encore ici, la grandeur absoluedes cercles et des épicycles. Les Astronomes antérieurs à Ptolémée ,étaient partagés sur les rangs de Mercure et de Yénus dans le sys-tème planétaire. Les plus anciens dont il suivitl’opinion, les mettaientau-dessous du soleil : les autres plaçaient ces astres au-dessus : enfinles Égyptiens les faisaient mouvoir autour du soleil. Il est singulierque Ptolémée n’ait pas fait mention de cette hypothèse qui revenaità égaler les excentriques de ces deux planètes, à l’orbe solaire. Side plus, il avait supposé les épicycles des planètes supérieures,égaux et parallèles à cet orbe ; son système se serait réduit à fairemouvoir toutes les planètes autour du soleil, pendant que cet astrecircule autour de la terre ; et il ne serait plus resté qu’un pas àfaire, pour arriver au vrai système du monde. Cette manière dedéterminer les arbitraires du système de Ptolémée , en y supposantégaux à l’orbe solaire, les cercles et les épicycles décrits par unmouvement annuel, rend évidente, la correspondance de ce mou-vement avec celui du soleil. En modifiant ainsi ce système, il donneles distances moyennes des planètes à cet astre, en parties de sadistance à la terre ; car ces distances sont les rapports des rayonsdes excentriques à ceux des épicycles pour les planètes supérieures,et des rayons des épicycles, aux rayons des excentriques pour les