DU SYSTÈME DU MONDE. 583
Ptolémée confirma le mouvement des équinoxes, découvert parHipparque . En comparant ses observations à celles de ses prédé-cesseurs ; il établit l’immobilité respective des étoiles, leur latitudeà très-peu près constante au-dessus de l’écliptique, et leur mou-vement en longitude, qu’il trouva d’un degré dans quatre-vingt-dixans, comme Hipparque l’avait soupçonné. Nous savons aujourd’huique ce mouvement était beaucoup plus considérable; ce qui, vul’intervalle qui sépare ces deux Astronomes, semble supposer uneerreur de plus d’un degré dans leurs observations. Malgré la difficultéque la détermination de la longitude des étoiles, présentait à desobservateurs qui n’avaient point de mesures exactes du temps ; onest surpris qu’ils aient commis d’aussi grandes erreurs, surtoutquand on considère l’accord des observations que Ptolémée citeà l’appui de son résultat. On lui a reproché de les avoir altérées ;mais ce reproche n’est point fondé. Son erreur sur le mouvementannuel des équinoxes, me paraît venir de sa trop grande confiancedans la durée qu’Hipparque assigne à l’année tropique. En effet,Ptolémée a déterminé la longitude des étoiles, en les comparant ausoleil par le moyen de la lune, ou à la lune elle-même, ce quirevenait à les comparer au soleil, puisque le mouvement synodiquede la lune était bien connu par les éclipses; or Hipparque ayantsupposé l’année trop longue, et par conséquent le mouvement dusoleil par rapport aux équinoxes, plus petit que le véritable ; ilest clair que cette erreur a diminué les longitudes du soleil, dontPtolémée a fait usage. Le mouvement annuel en longitude, qu’ilattribuait aux étoiles, doit donc être augmenté de l’arc décrit parle soleil, dans un temps égal à l’erreur d’Hipparque sur la longueurde l’année ; et alors il devient à fort peu près ce qu’il doit être.L’année sidérale étant l’année tropique augmentée du temps néces-saire au soleil, pour décrire un arc égal au mouvement annuel deséquinoxes ; il est visible que l’année sidérale d’Hipparque et dePtolémée , doit peu différer de la véritable : en effet, la différencen’est qu’un dixième de celle qui existe entre leur année tropiqueet la nôtre.
Ces remarques nous conduisent à examiner si, comme on lepense généralement, le catalogue de Ptolémée est celui d’Hipparque ,