384 EXPOSITION
réduit à son temps, au moyen d’une précession d’un degré dansquatre-vingt-dix ans. On se fonde sur ce que l’erreur constantedes longitudes des étoiles de ce catalogue, disparaît quand on lerapporte au temps d’Hipparque ; mais l’explication que nous venonsde donner de cette erreur, justifie Ptolémée du reproche de s’êtreapproprié l’ouvrage d’Hipparque ; et il paraît juste de l’en croire,lorsqu’il dit positivement qu’il a observé les étoiles de ce catalogue,celles même de sixième grandeur. Il remarque en même temps,qu’il a retrouvé à très-peu près les positions des étoiles; qu’Hipparque avait déterminées par rapport à l’écliptique ; et l’on est d’autant plusporté à le penser, que Ptolémée tend sans cesse à se rapprocherdes résultats de ce grand Astronome qui fut, en effet, bien plusexact observateur.
Ptolémée inscrivit dans le temple de Sérapis à Canope, les prin-cipaux élémens de son système astronomique. Ce système a subsistépendant quatorze siècles : aujourd’hui même qu’il est entièrementdétruit, l’Almageste considéré comme le dépôt des anciennes obser-vations, est un des plus précieux monumens de l’antiquité. Malheu-reusement, il ne renferme qu’un petit nombre des observationsfaites jusqu’alors. Son auteur n’a rapporté que celles qui lui étaientnécessaires pour expliquer ses théories. Les Tables astronomiquesune fois formées, il a jugé inutile de transmettre avec elles, à lapostérité, les observations qu’Hipparque et lui avaient employéespour cet objet ; et son exemple a été suivi par les-Arabes et lesPerses. Les grands recueils d’observations précises rassembléesuniquement pour elles-mêmes, et sans aucune application auxthéories, appartiennent à l’Astronomie moderne, et sont l’un desmoyens les plus propres à la perfectionner.
Ptolémée a rendu de grands services à la géographie, en ras-semblant toutes les déterminations de longitude et de latitude deslieux connus, et en jetant les fondemens de la méthode des pro-jections , pour la construction des cartes géographiques. II a faitun Traité d’Optique dans lequel il expose avec étendue le phénomènedes réfractions astronomiques : il est encore auteur de diversouvrages sur la musique, la chronologie, la gnomonique et la méca-nique, Tant de travaux sur un si grand nombre d’objets, supposent