DU SYSTÈME DU MONDE. 53 7
conformes à l’Alcoran , ils sont inutiles : ils sont détestables, s’ilslui sont contraires. Ainsi périt ce trésor immense de l’éruditionet du génie. Bientôt, le repentir et les regrets suivirent cetteexécution barbare 5 et les Arabes ne tardèrent pas à sentir quepar cette perte irréparable, ils s’étaient privés du fruit le plusprécieux de leurs conquêtes.
Vers le milieu du huitième siècle, le calife Almansor encouragead’une manière spéciale,l’Astronomie . Mais parmi les princes arabesque distingua leur amour pour les sciences, l’histoire cite princi-palement Almamon, de la famille des Abassides et fils du fameuxAaron-al-Reschid. Almamon régnait à Bagdad en 8i4. Vainqueurde l’Empereur grec Michel III , il imposa pour une des conditionsde la paix, qu’on lui fournirait les meilleurs livres de la Grèce :l’Almageste fut de ce nombre : il le fit traduire et répandit ainsiparmi les Arabes , les connaissances astronomiques qui avaientillustré l’école d’Alexandrie. Il fit plus encore; il voulut les per-fectionner , et pour cet objet, il rassembla plusieurs Astronomesdistingués qui après avoir fait un grand nombre d’observations,publièrent de nouvelles Tables du Soleil et de la Lune , plus parfaitesque celles de Ptolémée , et long-temps célèbres dans l’Orient, sousle nom de Table vérifiée. Dans cette Table, le périgée solaire ala position qu’il devait avoir : l’équation du centre du soleil,beaucoup trop grande dans Hipparque , est réduite à sa véritablevaleur; mais cette précision devenait alors une source d’erreursdans le calcul des éclipses où l’équation annuelle de la lune,corrigeait en partie, l’inexactitude de l’équation du centre du soleil,adoptée par cet Astronome. La durée de l’année tropique est plusexacte que celle d’Hipparque : elle est cependant trop courted’environ deux minutes; mais celte erreur vient de ce que lesauteurs de la Table vérifiée, comparèrent leurs observations àcelles de Ptolémée : elle aurait été presque nulle, s’ils eussentemployé les observations d’Hipparque . C’est encore par cette raison,qu’ils supposèrent la précession des équinoxes, un peu trop grande.
Almamon fit mesurer avec un grand soin, dans une vaste plainede la Mésopotamie , un degré terrestre que l’on trouva de deuxcent mille cinq cents coudées noires. Cette mesure offre la même