388 EXPOSITION
incertitude que celle d’Ératosthène , relativement à la longueur dumodule dont on fit usage. Toutes ces'mesure* ne peuvent mainte-nant nous intéresser, qu’en faisant connaître ces modules. Mais leserreurs dont ces opérations étaient alors susceptibles, ne permettentpas d’en retirer cet avantage qui ne peut résulter que de la précisiondes opérations modernes au moyen desquelles on pourra toujoursretrouver nos mesures, si par la suite des temps, leurs étalonsviennent à s’altérer.
Les encouragemens donnés à l’Astronomie , par Almamon et parses successeurs, produisirent un grand nombre d’Astronomesarabes très-recommandables, parmi lesquels Albatenius occupeune place distinguée. Son Traité de la Science des Étoiles , contientplusieurs observations intéressantes, et les principaux éiémens desthéories du soleil et de la lune : ils diffèrent très-peu de ceux desAstronomes d’Almamon. Son ouvrage ayant été pendant long-temps , le seul traité connu de l’Astronomie arabe ; on lui attribuales changemens avantageux qu’il apportait aux éiémens des Tablesde Ptolémée. Mais un fragment précieux extrait de l’Astronomied’Ebn-Junis, et traduit par Caussin, nous a fait connaître que ceschangemens sont dus aux auteurs de la Table vérifiée. Il nous ade plus, donné sur l’Astronomie arabe, des notions précises et fortétendues. Ebn-Junis, astronome du calife d’Égypte , Hakem,observait au Caire vers l’an mil. Il rédigea un grand traité d’Astro-nomie, et il construisit des Tables des mouvemens célestes, célèbresdans l’Orient par leur exactitude, et qui paraissent avoir servide fondement aux Tables formées depuis par les Arabes et lesPerses. On voit dans ce fragment, depuis le siècle d’Almansor jusqu’au temps d’Ebn-Junis, une longue suite d’observationsd’éclipses, d’équinoxes, de solstices, de conjonctions de planètes etd’occultations d’étoiles, observations importantes pour la perfectiondes théories astronomiques , qui ont fait reconnaître l’équationséculaire de la lune, et répandu beaucoup de lumière sur les grandesvariations du système du Monde. (NoteY.) Ces observations nesont encore qu’une faible partie de celles des Astronomes arabesdont le nombre a été prodigieux. Ils étaient parvenus à reconnaîtrel’inexactitude des observations de Ptolémée sur les équinoxes ; et