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en comparant leurs observations, soit entre elles, soit avec cellescl’Hipparque , ils avaient fixé avec une grande précision, la longueurde l’année : celle d’Ebn-Junis n’excède pas de treize secondes, lanôtre qu’elle devait sui’passer de cinq secondes. Il paraît par sonouvrage et par les titres de plusieurs manuscrits existans dans nosbibliothèques, que les Arabes s’étaient spécialement occupés dela perfection des instrumens astronomiques : les traités qu’ils ontlaissés sur cet objet, prouvent l’importance qu’ils y attachaient, etcette importance garantit la justesse de leurs observations. Ilsdonnèrent encore une attention particulière à la mesure du temps,par des clepsidres, par d’immenses cadrans solaires, et même parles vibrations du pendule. Malgré cela, leurs observations d’éclipsesprésentent presque autant d’incertitude, que celles des Chaldéenset des Grecs; et leurs observations du soleil et de la lune, sontloin d’avoir sur celles d’Hipparque , une supériorité qui puissecompenser l’avantage de la distance qui nous sépare de ce grandobservateur. L’activité des Astronomes arabes s’est bornée auxobservations : elle ne s’est point étendue à la recherche de nouvellesinégalités; et sur ce point, ils n’ont rien ajouté aux hypothèsesde Ptolémée . Cette vive curiosité qui nous attache aux phénomènes,jusqu’à ce que les lois et la cause en soient parfaitement connues,est ce qui caractérise les sa vans de l’Europe moderne. ( Note Y. )Les Perses soumis long-temps aux mêmes souverains que lesArabes , et professant la même religion, secouèrent vers le milieudu onzième siècle, le joug des Califes. A cette époque , leurcalendrier reçut par les soins de l’astronome Omar-Cheyan, uneforme nouvelle fondée sur l’intercalation ingénieuse de huit annéesbissextiles en trente-trois ans, intercalation que Dominique Cassini,à la fin de l’avant-dernier siècle, proposa comme plus exacte etplus simple que l’intercalation grégorienne; ignorant que les Perses en avaient depuis long-temps fait usage. Dans le treizième siècle,Holagu-Uecoukan, un de leurs souverains, rassembla les Astro-nomes les plus instruits, à Maragha où il fit construire un magnifiqueobservatoire dont il confia la direction à Nassiredin. Mais aucunprince de cette nation ne se distingua plus par son zèle pourl’Astronomie , qu’UIugh-Beigh que l’on doit mettre au rang des plus