3 9 6 EXPOSITION
Jupiter , qui lui montrèrent une nouvelle analogie de la terre avecles planètes : il reconnut ensuite les phases de Ténus, et dès-lors ,il ne douta plus de son mouvement autour du soleil. La voie lactéelui offrit un nombre infini de petites étoiles que l’irradiation con-fond à la vue simple, dans une lumière blanche et continue : lespoints lumineux qu’il aperçut au-delà de la ligne qui sépare lapartie éclairée, de la partie obscure de la lune, lui firent connaîtrel’existence et la hauteur de ses montagnes. Enfin, il observa lestaches et la rotation du soleil, et les apparences singulières occa-sionnées par l’anneau de Saturne . En publiant ces découvertes,il fit voir qu’elles démontraient le mouvement de la terre ; maisla pensée de ce mouvement fut déclarée contraire aux dogmesreligieux, par une congrégation de cardinaux; et Galilée , son pluscélèbre défenseur en Italie , fut cité au tribunal de l’inquisition, etforcé de se rétracter, pour échapper à une prison rigoureuse.
Une des plus fortes passions est l’amour de la vérité dans l’hommede génie. Plein de l’enthousiasme qu’une grande découverte luiinspire, il brûle de la répandre ; et les obstacles que lui opposentl’ignorance et la superstition armées du pouvoir, ne font que l’irriteret accroître son énergie. Galilée convaincu de plus en plus par sesobservations, du mouvement de la terre, médita long-temps unnouvel ouvrage dans lequel il se proposait d’en développer lespreuves. Mais pour se dérober à la persécution dont il avait failliêtre victime, il imagina de les présenter sous la forme de dialoguesentre trois interlocuteurs dont l’un défendait le système de Copernic ,combattu par un péripatéticien. On sent que tout l’avantage restaitau défenseur de ce système ; mais Galilée ne prononçant point entreeux j et faisant valoir autant qu’il était possible, les objections despartisans de Ptolémée , devait s’attendre à jouir de la tranquillitéque lui méritaient ses travaux et son grand âge. Le succès de cesdialogues , et la manière triomphante avec laquelle toutes les diffi-cultés contre le mouvement de la terre, y étaient résolues, réveil-lèrent l’inquisition. Galilée à l’âge de soixante-dix ans, fut de nouveaucité à ce tribunal. La protection du grand duc de Toscane ne putempêcher qu’il y comparût. On l’enferma dans une prison où l’onexigea de lui un second désaveu de ses senlimens, avec menace de