DU SYSTÈME DU MONDE. 407
à construire, que les singulières apparences de Saturne , sontproduites par un anneau fort mince dont cette planète est entourée.Son assiduité à les observer, lui fit découvrir un des satellites deSaturne . Il publia ces deux découvertes dans son Systèma Satumium,ouvrage qui contient encore quelques traces de ces idées pytha-goriciennes dont Kepler avait tant abusé5 mais que le véritableesprit des sciences qui, dans ce beau siècle, fit de si grands progrès,a pour toujours effacées. Le satellite de Saturne , égalait le nombredes satellites, à celui des planètes alors connues. Huyghens jugeantcette égalité nécessaire à l’harmonie du Système du Monde, osapresque affirmer qu’il ne restait plus de satellites à découvrir ; etpeu d’années après, Cassini en reconnut quatre nouveaux à lamême planète. La Géométrie, la Mécanique et l’Optique doiventà Huyghens un grand nombre de découvertes, et si ce rare génieeût eu l’idée de combiner ses théorèmes sur la force centrifuge,avec ses belles recherches sur les développées, et avec les loisde Kepler ; il eût enlevé à Newton, sa théorie des mouvemenscurvilignes et celle de la pesanteur universelle. Mais c’est dans desemblables rapprochemens, que consistent les découvertes.
Dans le même temps, Hevelius se rendit célèbre par d’immensestravaux. II a existé peu d’observateurs aussi infatigables : on regrettequ’il n’ait pas voulu adopter l’application des lunettes au quart decercle, invention dont on est redevable à Picard, et qui en donnantaux observations, une précision jusqu’alors inconnue, a rendu laplupart de celles d’Hevelius, inutiles à l’Astronomie .
A cette époque, l’Astronomie prit un nouvel essor, par l’établis-sement des sociétés savantes. La nature est tellement variée dansses productions et dans ses phénomènes, il, est si difficile d’enpénétrer les causes; que pour la connaître et la forcer à nousdévoiler ses lois, il faut qu’un grand nombre d’hommes réunissentleurs lumières et leurs efforts. Cette réunion devient surtoutnécessaire, quand le progrès des sciences, multipliant leurs pointsde contact, et ne permettant plus à un seul homme de les appro-fondir toutes ; elles ne peuvent recevoir que de plusieurs savons,les secours mutuels qu’elles se demandent. Alors, le Physicien , arecours au Géomètre, pour s’élever aux causes générales des