4o8 EXPOSITION
phénomènes qu’il observe -, et le Géomètre interroge à son tour,le Physicien , pour rendre ses recherches utiles en les appliquantà l’expérience, et pour se frayer par ces applications mêmes, denouvelles routes dans l’analyse. Mais le principal avantage desacadémies, est l’esprit philosophique qui doit s’y introduire, etde là se répandre dans toute une nation et sur tous les objets.Le savant isolé peut se livrer sans crainte à l’esprit de système :il n’entend que de loin, la contradiction qu’il éprouve. Mais dansune société savante, le choc des opinions systématiques finit bientôtpar les détruire, et le désir de se convaincre mutuellement, établitnécessairement entre les membres, la convention de n’admettreque les résultats de l’observation et du calcul. Aussi l’expériencea-t-elle montré que depuis l’origine des académies, la vraie phi-losophie s’est généralement répandue. En donnant l’exemple detout soumettre à l’examen d’une raison sévère, elles ont fait dis-paraître les préjugés qui trop long-temps avaient régné dans lessciences, et que les meilleurs esprits des siècles précédens avaientpartagés. Leur utile influence sur l’opinion, a dissipé des erreursaccueillies de nos jours, avec un enthousiasme qui, dans d’autrestemps, les aurait perpétuées. Également éloignées delà crédulitéqui fait tout admettre, et de la prévention qui porte à rejeter toutce qui s’écarte des idées reçues ; elles ont toujours sur les questionsdifficiles et sur les phénomènes extraordinaires, sagement attendules réponses de l’observation et de l’expérience, en les provoquantpar des prix et par leurs propres travaux. Mesurant leur estime,autant à la grandeur et à la difficulté d’une découverte, qu’à sonutilité immédiate, et persuadées par beaucoup d’exemples, quela plus stérile en apparence, peut avoir, un jour, des suites im-portantes ; elles ont encouragé la recherche de la vérité sur tousles objets, n’excluant que ceux qui, par les bornes de l’entendementhumain, lui seront à jamais inaccessibles. Enfin c’est de leur sein,que se sont élevées ces grandes théories que leur généralité metau-dessus de la portée du vulgaire, et qui se répandant par denombreuses applications, sur la nature et sur les arts, sont devenuesd’inépuisables sources de lumières et de jouissances. Les gouver-nernens sages convaincus de l’utilité des sociétés savantes, et les