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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 4ig

supposant cette planète homogène. Il vit que laction du soleil etde la lune sur le sphéroïde terrestre, doit produire un mouvementangulaire dans son axe de rotation, faire rétrograder les équinoxes,soulever les eaux de lOcéan, et entretenir dans cette grande massefluide, les oscillations que lon y observe sous le nom de flux etreflux de la mer. Enfin, il sassura que les inégalités du mouvementde la lune, sont dues aux actions combinées du soleil et de la terre.Mais à lexception de ce qui concerne le mouvement elliptique desplanètes et des comètes, lattraction des corps sphériques, et lin-tensité des forces attractives du soleil et des planètes accompagnéesde satellites ; toutes ces découvertes nont été québauchées parNewton. Sa théorie de la figure des planètes, est limitée par lasupposition de leur homogénéité. Sa solution du problème de laprécession des équinoxes, quoique fort ingénieuse , et malgrélaccord apparent de son résultat avec les observations, est défec-tueuse à plusieurs égards. Dans le grand nombre des perturbationsdes mouvemens célestes, il na considéré que celles du mouvementlunaire, dont la plus considérable, lévection, a échappé à sesrecherches. Il a parfaitement établi lexistence du principe quil adécouvert ; mais le développement de ses conséquences et de sesavantages, a été louvrage des successeurs de ce grand Géomètre.Limperfection du calcul de linfini à sa naissance, ne lui a paspermis de résoudre complètement les problèmes difficiles quoffre lathéorie du système du monde ; et il a été souvent forcé de ne donnerque des aperçus, toujours incertains jusquà ce quils aient été vérifiéspar une rigoureuse analyse. Malgré ces défauts inévitables5 limpor-tance et la généralité des découvertes, un grand nombrç de vuesoriginales et profondes qui ont été le germe dg£ plus brillantesthéories des Géomètres du dernier sièçlg, tout cela, présenté avecbeaucoup délégance, assure à louvrage des Principes mathématiquesde la Philosophie naturelle, la prééminence sur les autres produc-tions de lesprit humain.

Il nen est pas des sciences, comme de la littérature : celle-ci ades limites quun homme de génie peut atteindre, lorsquil emploieune langue perfectionnée : on le lit avec le même intérêt dans tousles âges ; et le temps ne fait quajouter à sa réputation, par les vains