422 EXPOSITION
mouvement de la lumière et de la capillarité, du seul principe d’uneattraction mutuelle entre les molécules de la matière, qui ne devientsensible qu’à des distances imperceptibles ; nous pouvons nousflatter d’avoir la vraie théorie de ces phénomènes. Quelques sa vansfrappés des avantages qu’a produits l’admission de principes dontles causes sont inconnues, ont ramené dans plusieurs branches dessciences naturelles, les qualités occultes des anciens, et leursexplications insignifiantes. Envisageant la philosophie newtonienne,sous le même point de vue qui la fit rejeter des Cartésiens ; ils luiont assimilé leurs doctrines qui n’ont, cependant, rien de communavec elle, dans le point le plus important, la comparaison avec lesphénomènes.
C’est au moyen de la synthèse, que Newton a exposé sa théoriedu système du monde. Il paraît cependant qu’il avait trouvé laplupart de ses théorèmes, par l’analyse dont il a reculé les limites,et à laquelle il convient lui-même qu’il était redevable de sesrésultats généraux sur les quadratures. Mais sa prédilection pourla synthèse, et sa grande estime pour la géométrie des anciens,lui firent traduire sous une forme synthétique, ses théorèmes etsa méthode même des fluxions; et l’on voit par les règles et lesexemples qu’il a donnés de ces traductions, combien il y attachaitd’importance. On doit regretter avec les Géomètres de son temps,qu’il n’ait pas suivi dans l’exposition de ses découvertes, la routepar laquelle il y était parvenu, et qu’il ait supprimé les démons-trations de plusieurs résultats, tels que l’équation du solide de lamoindre résistance ; préférant le plaisir de se faire deviner, à celuid’éclairer ses lecteurs. La connaissance de la méthode qui a guidél’homme de génie, n’est pas moins utile au. progrès de la scienceet même à sa propre gloire, que ses découvertes ; et le principalavantage que l’on a retiré de la fameuse dispute élevée entre Leibnitz et Newton, touchant l’invention du calcul infinitésimal, a été defaire connaître la marche de ces deux grands hommes, dans leurspremiers travaux analytiques.
La préférence de Newton pour la synthèse, peut s’expliquerpar l’élégance avec laquelle il a pu lier sa théorie des mouvemenscurvilignes, aux recherches des anciens sur les sections coniques,