DU SYSTÈME DU MONDE. 4ag
mouvemens dont les plans sont inclinés à celui de l’équateur solaire,tout au plus, d’un angle droit. Il y a plus de quatre mille milliardsà parier contre un, que cette disposition n’est point l’effet du hasard 3ce qui forme une probabilité bien supérieure à celle des événemensles plus certains de l’histoire, sur lesquels nous ne nous permettonsaucun doute. Nous devons donc croire, au moins avec la mêmeconfiance, qu’une cause primitive a dirigé les mouvemens plané-taires ; surtout si nous considérons que l’inclinaison du plus grandnombre de ces mouvemens à l’équateur solaire, est peu considérableet fort au-dessous du quart de la circonférence.
Un autre phénomène également remarquable du système solaire,est le peu d’excentricité des orbes des planètes et des satellitestandis que ceux des comètes sont fort alongés- les orbes de cesystème n’offrant point.de nuances intermédiaires entre une grandeet une petite excentricité. Nous sommes encore forcés de reconnaîtreici,l’effet d’une cause régulière : le hasard n’eût point donné.uneforme presque circulaire aux orbes de toutes les planètes • il estdonc nécessaire que la cause qui a déterminé 1 les mouvemens deces corps, les ait rendus presque circulaires. Il faut encore que lagrande excentricité des orbes des comètes, et la direction de-leurmouvement dans tous les sens, soient des résultats nécessaires del’existence de cette cause.; car en regardant les orbes des comètesrétrogrades, comme étant inclinés de plus de cent degrés, à l’éclip-tique; on trouve que l’inclinaison moyenne des orbes-de toutes lescomètes observées, approche de cent degrés, comme cela doit être,si ces corps ont été lancés au hasard.
Ainsi, l’on a pour remonter à la cause des mouvemens primitifsdu système planétaire, lescinq phénomènes surins.- les mouvemensdes planètes dans le même sens, et à peu près dans un même plan;les mouvemens des satellites dans le même sens que ceux desplanètes; les mouvemens de rotation de ces diffërens corps et dusoleil, dans le même sens que leurs mouvemens de projection etdans des plans peu différen.s ; le peu d’excentricité des orbes desplanètes et des satellites : enfin, la grande excentricité des orbesdes comètes, quoique leurs inclinaisons aient été abandonnées au.hasard.