DU SYSTÈME DU MONDE. 43i
excentricités, que par le hasard le plus extraordinaire. Enfin, onne voit point dans l’hypothèse de Buffon, pourquoi les orbes deprès de cent comètes déjà observées, sont tous fort alongés ; cettehypothèse est donc très - éloignée de satisfaire aux phénomènesprécédens. Voyons s’il est possible de s’élever à leur véritablecause.
Quelle que soit sa nature, puisqu’elle a produit ou dirigé lesmouvemens des planètes, il faut qu’elle ait embrassé tous ces corps ;et vu la distance prodigieuse qui les sépare, elle ne peut avoir étéqu’un fluide d’une immense étendue. Pour leur avoir donné dansle même sens, un mouvement presque circulaire autour du soleil;il faut que ce fluide ait environné cet astre, comme une atmosphère.La considération des mouvemens planétaires nous conduit donc àpenser qu’en vertu d’une chaleur excessive, l’atmosphère du soleils’est primitivement étendue au-delà des orbes de toutes les planètes,et qu’elle s’est resserrée successivement, jusqu’à ses limites actuelles.
Dans l’état primitif où nous supposons le soleil, il ressemblait auxnébuleuses que le télescope nous montre composées d’un noyauplus ou moins brillant, entouré d’une nébulosité qui, en se condensantà la surface du noyau, le transforme en étoile. Si l’on conçoit, paranalogie, toutes les étoiles formées de cette manière; on peutimaginer leur état antérieur de nébulosité, précédé lui-même pard’autres états dans lesquels la matière nébuleuse était de plus en plusdiffuse, le noyau étant de moins en moins lumineux. On arrive ainsi,en remontant aussi loin qu’il est possible, à une nébulosité tellementdiffuse, que l’on pourrait à peine, en soupçonner l’existence.
Tel est, en effet, le premier état des nébuleuses cju’JJerschelI aobservées avec un soin particulier, au moypn de ses puissanstélescopes, et dans lesquelles il a suivi les progrès de la condensation,non sur une seule, ces progrès ne pouvant devenir sensibles pournous, qu’après des siècles ; mais sur leur ensemble ; à peu prés ,comme on peut dans une vaste forêt, suivre l’accroissement desarbres, sur les individus de divers âges, qu’elle renferme. Il a d’abordobservé la matière nébuleuse répandue en amas divers, dans lesdifférentes parties du ciel dont elle occupe une grande étendue. IIa vu dans quelques - uns de ces amas, cette matière faiblement