DU SYSTÈME DU MONDE. 435
Si toutes les molécules d’un amas de matière lumineuse se réu-nissent à la longue, par l’effet de leur condensation , dans une seulemasse liquide ou solide ; cette masse aura un mouvement de rotationdont l’équateur sera le plan primitif du maximum des aires, passantpar le centre commun de gravité ; et la rotation sera telle que lasomme des aires projetées sur ce plan, se conservera la même qu’àl’origine ; d’où il suit que si toutes les molécules partent de l’état durepos, le corps qu’elles formeront enfin, sera immobile. Mais il n’enserait pas de même, si ces molécules formaient plusieurs noyaux, quipourraient alors avoir des mouvemens de rotation, pourvu queces mouvemens dirigés dans des sens diffërens, fussent tels que lasomme des aires décrites par les rayons vecteurs de tous ces corps,autour d’un point quelconque, soit constamment nulle. Car il n’estpas vrai de dire, comme l’ont avancé plusieurs philosophes, quel’attraction mutuelle d’un système de corps primitivement immobiles,doive à la longue, les réunir tous à l’état du repos, autour de leurcentre commun de gravité. Si l’on imagine en effet, trois corps sansmouvement, dont deux soient beaucoup plus grands que le troisième;il est facile de voir que l’on peut donner à ce dernier corps, uneinfinité de situations telles qu’après la réunion des deux premiers , ilcontinue de circuler sans cesse autour de leur centre commun degravité. Le cas dans lequel un système de molécules primitivementen repos, et abandonnées à leur attraction mutuelle, finirait parformer une masse immobile, est infiniment peu probable. La forcevive du système, nulle d’abord, s’accroît par le rapprochement desmolécules, et devient très-grande, si les mouvemens du systèmen’éprouvent point de cliangemens brusques. Les seuls, élémens quidoivent être toujours nuis, sont le mouvementjiu centre de gravité,et la somme des aires décrites autour de ce point, par toutes lesmolécules projetées sur un plan quelconque. Ainsi l’attraction seulesuffit pour expliquer tous les mouvemens de cet univers.
Mais comment l’atmosphère solaire a-t-elle déterminé les mou-vemens de rotation et de révolution des planètes et des satellites ?Si ces corps avaient pénétré profondément dans cette atmosphère,sa résistance les aurait fait tomber sur le soleil; on peut doncconjecturer que les planètes ont été formées à ses limites successives,
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