BU SYSTÈME DU MONDE. 445
devenus invisibles, n’ont point changé de place durant leur appa-rition. Il existe donc dans l’espace céleste, des corps opaques aussiconsidérables, et peut-être en aussi grand nombre que les étoiles.
Il paraît que loin d’être disséminées à des distances à peu préségales, les étoiles sont rassemblées en divers groupes dont quelques-uns renferment des milliards de ces astres. C’est encore une suitede l’hypothèse que nous avons proposée sur leur origine. Notresoleil et les plus brillantes étoiles font probablement partie d’un deces groupes, qui'vu du point où nous sommes, semble entourer leciel et forme la voie lactée. Le grand nombre d’étoiles que l’onaperçoit à-la-fois dans le champ d’un fort télescope dirigé vers cettevoie, nous prouve son immense profondeur qui surpasse mille foisla distance de Syrius à la terre ; ensorte qu’il est vraisemblable queles rayons émanés de la plupart de ces étoiles, ont employé un grandnombre de siècles à venir jusqu’à nous. La voie lactée finirait par offrirà l’observateur qui s’en éloignerait indéfiniment, l’apparence d’unelumière blanche et continue, d’un petit diamètre ; car l’irradiation quisubsiste même dans les meilleurs télescopes, couvrirait et feraitdisparaître l’intervalle des étoiles. Il est donc probable que parmiles nébuleuses, plusieurs sont des groupes d’un très-grand nombred’étoiles, qui vus de leur intérieur, paraîtraient semblables à la voielactée. Si l’on réfléchit maintenant à cette profusion d’étoiles et denébuleuses, répandues dans l’espace céleste, et aux intervallesimmenses qui les séparent ; l’imagination étonnée de la grandeur del’univers, aura peine à lui concevoir des bornes.
De ces considérations fondées sur les observations télescopiques,il résulte que le mouvement du système solaire est très^a^mposé.La lune décrit un orbe presque circulaire autojy^de la terre ; maisvue du soleil, elle paraît décrire une. suite 'Tfepicycloides dont lescentres sont sur la circonférence de l’orbe terrestre. Pareillement,la terre décrit un suite d’épicycloïdes dont les centres sont sur lacourbe que le soleil décrit autour du centre de gravité du grouped’étoiles, dont il fait partie. Enfin le soleil décrit lui-même une suited’épicycloïdes dont les centres sont sur la courbe décrite par lecentre de gravité de ce groupe, autour de celui de l’univers.L’Astronomie a déjà fait un grand pas, en nous faisant connaître le