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sans doute, nécessaire. Mais tant d’espèces d’animaux, éteintes,dont Cuvier a su reconnaître avec une rare sagacité, l’organisation,dans les nombreux ossemens fossiles qu’il a décrits, n’indiquent-elles pas dans la nature, une tendance à changer les choses mêmeles plus fixes en apparence ? La grandeur et l’importance du systèmesolaire ne doivent point le faire excepter de cette loi générale; carelles sont relatives à notre petitesse; et ce système, tout vastequ’il nous semble, n’est qu’un point insensible dans l’univers.Parcourons l’histoire des progrès de l’esprit humain et de ses erreurs :nous y verrons les causes finales reculées constamment aux bornesde ses connaissances. Ces mêmes causes que Newton transporteaux limites du système solaire, étaient, il n’y a pas long-temps,placées dans l’atmosphère, pour expliquer les météores; elles nesont donc aux yeux du philosophe, que l’expression de l’ignoranceoù nous sommes, des véritables causes.
Reportons maintenant nos regards, au-delà du système solaire,sur ces innombrables soleils répandus dans l’immensité de l’espace,à un éloignement de nous, tel que le diamètre entier de l’orbeterrestre, observé de leur centre, serait insensible. L’analogie porteà croire qu’ils sont les foyers d’autant de systèmes planétaires, etcette, analogie est confirmée par ce que nous venons d’exposertouchant leur formation. En effet, ces astres doués, ainsi que lesoleil, d’un mouvement de rotation, ayant été, comme lui, entourésprimitivement d’une vaste atmosphère ; il est naturel d’attribuer àsa condensation, les mêmes résultats qu’a produits la condensa-tion de l’atmosphère solaire. Plusieurs étoiles éprouvent dans leurcouleur et dans leur clarté, des changemens périodiques remar-quables : ils indiquent de grandes taches à leur surface, et desmouvemens de rotation, qui les présentent et les dérobent alterna-tivement à nos yeux. D’autres étoiles ont paru tout-à-coup, et ontensuite disparu après avoir brillé pendant plusieurs mois, d’unevive lumière. Quels changemens prodigieux ont dû s’opérer à lasurface de ces grands corps, pour être aussi sensibles à la distancequi nous en sépare ! Combien ils doivent surpasser ceux que nousobservons à la surface du soleil, et nous convaincre que la natureest loin d’être toujours, et partout la même ! Tous ces astres