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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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444 EXPOSITION

sans doute, nécessaire. Mais tant despèces danimaux, éteintes,dont Cuvier a su reconnaître avec une rare sagacité, lorganisation,dans les nombreux ossemens fossiles quil a décrits, nindiquent-elles pas dans la nature, une tendance à changer les choses mêmeles plus fixes en apparence ? La grandeur et limportance du systèmesolaire ne doivent point le faire excepter de cette loi générale; carelles sont relatives à notre petitesse; et ce système, tout vastequil nous semble, nest quun point insensible dans lunivers.Parcourons lhistoire des progrès de lesprit humain et de ses erreurs :nous y verrons les causes finales reculées constamment aux bornesde ses connaissances. Ces mêmes causes que Newton transporteaux limites du système solaire, étaient, il ny a pas long-temps,placées dans latmosphère, pour expliquer les météores; elles nesont donc aux yeux du philosophe, que lexpression de lignorance nous sommes, des véritables causes.

Reportons maintenant nos regards, au-delà du système solaire,sur ces innombrables soleils répandus dans limmensité de lespace,à un éloignement de nous, tel que le diamètre entier de lorbeterrestre, observé de leur centre, serait insensible. Lanalogie porteà croire quils sont les foyers dautant de systèmes planétaires, etcette, analogie est confirmée par ce que nous venons dexposertouchant leur formation. En effet, ces astres doués, ainsi que lesoleil, dun mouvement de rotation, ayant été, comme lui, entourésprimitivement dune vaste atmosphère ; il est naturel dattribuer àsa condensation, les mêmes résultats qua produits la condensa-tion de latmosphère solaire. Plusieurs étoiles éprouvent dans leurcouleur et dans leur clarté, des changemens périodiques remar-quables : ils indiquent de grandes taches à leur surface, et desmouvemens de rotation, qui les présentent et les dérobent alterna-tivement à nos yeux. Dautres étoiles ont paru tout-à-coup, et ontensuite disparu après avoir brillé pendant plusieurs mois, dunevive lumière. Quels changemens prodigieux ont sopérer à lasurface de ces grands corps, pour être aussi sensibles à la distancequi nous en sépare ! Combien ils doivent surpasser ceux que nousobservons à la surface du soleil, et nous convaincre que la natureest loin dêtre toujours, et partout la même ! Tous ces astres