II
INTRODUCTION
duclion en tète du second volume de Y Histoire des Ballons. Cesouvenir rétrospectif, qui montre encore une fois l’enthousiasmesoulevé par l’apparition de la navigation aérienne, nous per-mettra de mieux aborder l’histoire du présent, et de continuerl’énumération des faits qui se sont déroulés depuis le commen-cement du xix° siècle jusqu’à nos jours. Nous y rencontreronsdes épisodes émouvants, et nous aurons occasion de montrerque les aéronautes de notre temps ont su se montrer dignes deleurs ancêtres, auxquels on doit la création d’un art qui resteral’une des gloires de notre génie national.
Avant d’aborder les événements qui continuent l’histoirerésumée dans notre premier volume, il nous paraît utile dedonner une idée de l’état présent de l’aéronautique au moment oùse publie le présent ouvrage, en 1890. Nous ne croyons pouvoirmieux faire que de passer en revue les sociétés aérostatiquesqui existent à Paris à cette époque.
La Société de Navigation aérienne est la plus ancienne en date.Elle a été fondée après le siège de Paris , en 1872, sous l’inspira-tion de Crocé-Spinelli. Dès le commencement de l’année 1872,le jeune ingénieur forma une commission d’étude, de concertavec quelques membres zélés de l’ancienne société aéronautiqueet météorologique de France , qui avait été créée par Dupuis-Delcourt.
Le 12 août 1872, une réunion eut lieu pendant laquelleCrocé-Spinelli fit adopter le projet statutaire. « Vous voulez, dit-ilà ses adhérents, en fondant une société nouvelle, étudier d’unemanière réellement scientifique les questions si intéressantes del’Aéronautique. Rompant à jamais avec les anciens errements,vous voulez fonder, sur des bases irréfutables, la science aéronau-tique. Tout sera soumis par vous à la vérification du calcul, etla seule méthode dont vous ferez usage vous portera à allerconstamment du réellement connu à l’inconnu; vos armes serontl’observation, le calcul et l’expérience. »
Voici quels ont été les présidents annuels de la Société dontnous parlons : en 1872, Crocé-Spinelli; en 1873, M. Janssen,de l’Institut; en 1875, le professeur Paul Bert, de l’Institut; en