ROBERTSON, GAY-I.USSAC, ZAMBECCARI A
figure le fameux voyage à grande hauteur qu’il exécuta à Ham bourg le 18 juillet i 8 o 3 . Il s’éleva en compagnie d’un de sesanciens camarades de collège, installé à Hambourg , un musi-cien nommé Lhoëst. L’altitude atteinte fut de 3 679 toises(7 170 mètres); c’était le point le plus élevé auquel l’homme fûtjamais parvenu jusque-là. Les deux voyageurs, après avoirfait quelques observations intéressantes, restèrent en l’air pen-dant cinq heures consécutives, et descendirent près de Hanovre ,à une distance de 25 lieues de leur point de départ.
L’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg résolut defaire répéter les expériences de l’expédition de Hambourg parRobertson lui-même accompagné d’un de ses membres, Sa-charoff, physicien et chimiste distingué. Le second voyage eutlieu le 3 o juin 1804. Les voyageurs s’élevèrent de Saint-Pé tersbourg à 7 h. 40 m. du soir et descendirent à 10 h. 45 dusoir à 20 lieues de là, dans le voisinage de Sivoritz. L’altitudeatteinte ne dépassa pas 2 700 mètres. Robertson exécuta d’autresascensions à Moscou ; il voulut perfectionner, mais sans y réus-sir, le parachute de Garnerin , et il répandit, dans les villes oùil passait, l’image d’un ballon dirigeable imaginaire, la Minerve,qui semble n’avoir été fait que pour attirer l’attention du public.
Nous reproduisons à la fin de ce chapitre (page 10) cette cu-rieuse gravure. En la publiant, il est vraisemblable que Robertsona voulu se moquer des inventeurs de projets aéronautiques irréa-lisables. La Minerve devait avoir 5 o mètres de diamètre ; ce navire,capable d’élever 72 000 kilogrammes, était destiné à faire voyagerdans tous les pays du monde « 60 personnes instruites, choisiespar les académies », pour faire des observations scientifiqueset des découvertes géographiques. En haut de la machine estun coq, symbole de la vigilance : « un observateur intérieure-ment placé à l’œil de ce coq surveille tout ce qui peut arriverdans l’hémisphère supérieur du ballon; il annonce aussi l’heureà tout l’équipage. »
Ce ballon enlève un navire qui réunit, dit l’inventeur, toutesles choses nécessaires. Il y a un grand magasin aux provisions,une cuisine, un laboratoire, une salle de conférences, un salon