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1801 - 1890.
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HISTOIRE DES BAI.I.ONS

la force ascensionnelle en élevant la température dun réservoirà air inférieur. Quand il fut donné à Zambeccari de revenir dansson pays, il soumit son projet à deux mathématiciens distingués,Saladini et Canterzani ; ces savants le jugèrent digne dêtreappuyé par le gouvernement, qui ouvrit un crédit de 8000 livresde Milan à linventeur. Zambeccari construisit un aérostat deson système, et entreprit de lexpérimenter.

On va voir que ses débuts furent des plus dramatiques, etque le premier voyage aérien du comte italien faillit avoir le dé-nouement de la funeste ascension de Pilâtre de Rozier . On étaitau commencement doctobre i8o3. Plusieurs tentatives faites àBologne échouèrent complètement. Le public ne tarda pas àaccabler Zambeccari de railleries : on le traita de lâche. Le8 octobre, le malheureux aéronaute voulut encore une fois tenterla fortune ; cette fois, malgré les accidents survenus pendant legonflement, il se vit contraint de partir à tout prix, au risquedêtre lapidé par une foule passionnée. « Lignorance et le fana-tisme, dit Zambeccari non sans amertume, me forcèrent deffectuermon ascension, quoique tous les principes que javais établis moi-même dussent me faire augurer un résultat peu favorable... »

Zambeccari était accompagné par deux fidèles amis, Andreoliet Grassetti. Plongés dans les ténèbres, accroupis dans la nacelle,ils eurent à souffrir les plus cruelles morsures du froid. A deuxheures du matin, les voyageurs crurent entendre le mugisse-ment de la mer. La nuit était si obscure quil leur fut impossibledobserver le baromètre.

« La boussole était à bas, dit Zambeccari, par conséquent ellenous devenait inutile; la bougie qui était dans notre lanterne nepouvait brûler dans un air aussi raréfié, sa lumière saffaiblissaitde plus en plus et finit par séteindre. Nous descendîmes lente-ment à travers une couche épaisse de nuages blanchâtres, etlorsque nous fûmes au-dessous, Andreoli entendit un bruit sourdpresque imperceptible, quil reconnut bientôt pour être le mu-gissement des vagues dans le lointain. Il mannonça aussitôt aveceffroi cette nouvelle. Jécoutai et ne tardai pas à me convaincrequil avait dit la vérité. Il était indispensable davoir de la lumière