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HISTOIRE DES BAI.I.ONS
la force ascensionnelle en élevant la température d’un réservoirà air inférieur. Quand il fut donné à Zambeccari de revenir dansson pays, il soumit son projet à deux mathématiciens distingués,Saladini et Canterzani ; ces savants le jugèrent digne d’êtreappuyé par le gouvernement, qui ouvrit un crédit de 8000 livresde Milan à l’inventeur. Zambeccari construisit un aérostat deson système, et entreprit de l’expérimenter.
On va voir que ses débuts furent des plus dramatiques, etque le premier voyage aérien du comte italien faillit avoir le dé-nouement de la funeste ascension de Pilâtre de Rozier . On étaitau commencement d’octobre i8o3. Plusieurs tentatives faites àBologne échouèrent complètement. Le public ne tarda pas àaccabler Zambeccari de railleries : on le traita de lâche. Le8 octobre, le malheureux aéronaute voulut encore une fois tenterla fortune ; cette fois, malgré les accidents survenus pendant legonflement, il se vit contraint de partir à tout prix, au risqued’être lapidé par une foule passionnée. « L’ignorance et le fana-tisme, dit Zambeccari non sans amertume, me forcèrent d’effectuermon ascension, quoique tous les principes que j’avais établis moi-même dussent me faire augurer un résultat peu favorable... »
Zambeccari était accompagné par deux fidèles amis, Andreoliet Grassetti. Plongés dans les ténèbres, accroupis dans la nacelle,ils eurent à souffrir les plus cruelles morsures du froid. A deuxheures du matin, les voyageurs crurent entendre le mugisse-ment de la mer. La nuit était si obscure qu’il leur fut impossibled’observer le baromètre.
« La boussole était à bas, dit Zambeccari, par conséquent ellenous devenait inutile; la bougie qui était dans notre lanterne nepouvait brûler dans un air aussi raréfié, sa lumière s’affaiblissaitde plus en plus et finit par s’éteindre. Nous descendîmes lente-ment à travers une couche épaisse de nuages blanchâtres, etlorsque nous fûmes au-dessous, Andreoli entendit un bruit sourdpresque imperceptible, qu’il reconnut bientôt pour être le mu-gissement des vagues dans le lointain. Il m’annonça aussitôt aveceffroi cette nouvelle. J’écoutai et ne tardai pas à me convaincrequ’il avait dit la vérité. Il était indispensable d’avoir de la lumière