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1801 - 1890.
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63
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LES AVIATEURS

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Cette ascension, lune des plus remarquables et des plus drama-tiques de lhistoire des ballons, se termina par une épouvantablecatastrophe. Après une excursion aérienne, qui se prolongeatoute la nuit, les voyageurs, qui comprenaient M. et madameNadar, E. dArnoult, Saint-Félix, de Montgolfier, Thirion etJ. Godard, descendirent dans le Hanovre le lendemain versdeux heures de laprès-midi, à 640 kilomètres de leur point dedépart. Le vent était dune violence extrême, et le Géant futemporté par un traînage qui peut être considéré comme lundes plus terribles de laéronautique. Nous en empruntons lerécit à louvrage que M. E. dArnoult a publié à ce sujet.

« Nous jetons les ancres! crie Godard, nous touchons,tenez-vous bien. Ah!....

« La nacelle venait de toucher terre avec une violence inouïe.Je ne sais comment il se fait que mes bras ne sarrachèrent point.

« Après ce premier choc épouvantable, le ballon remonta;mais la soupape était ouverte, il retomba, et nous eûmes unesecousse, sinon plus terrible, au moins plus douloureuse que lapremière ; le ballon remonta, il chassait sur les ancres ; tout àcoup nous crûmes être précipités à terre.

« Les amarres sont cassées! cria Godard. Le ballon donna dela tête comme un cerf-volant qui tombe. Ce fut horrible.

« Nous chassions avec une vitesse de dix lieues à lheure versNienburg . Trois gros arbres furent coupés par la nacelle commepar la hache dun bûcheron ; une petite ancre restait encore ; onla jeta, elle sagrafa au toit dune maison dont elle enleva la char-pente. Si le ballon nous traînait sur la ville, nous étions mis enpièces; heureusement il séleva pour retomber 200 mètres plus loinavec les mêmes secousses pour la nacelle. Chacun de ces chocsnous disloquait les membres ; pour comble de malheur, la cordede la soupape se détacha, et celle-ci se refermant, il nous fallutperdre lespoir de voir le ballon se dégrossir.

« Celui-ci sélevait à 23 , 3 o, 40 mètres du sol avec des bruisse-ments affreux, puis il retombait toujours avec les mêmes coupsde tête. Tout ce qui se trouvait à portée de la nacelle était coupé,broyé, détruit. Un bouquet de petits arbres, une barrière se pré-