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tribus du littoral et notamment aux Sou-Sou du rio Pongo' ; on rencontreles (ils des escktves affranchis jusque sur le versant du Niger , où on lesdésigne d’ordinaire sous le nom de poton, c’est-à-dire « blancs ». non seu-lement parce que plusieurs d’enire eux sont de sang mêlé, mais surlouLparce qu’ils sont les représentants d’une civilisation supérieure et rap-pellent par leur présence même ces faits considérables, l'émancipation desesclaves et la répression de la traite. C’est ainsi qu’en pénétrant dansl’intérieur, après que le décret de 1S48 eut déclaré libres les captifs duSénégal, les Français étaient souvent salués par des cris joyeux : « Quarante-huit ! Liberté. ! ! » Fa plupart des tribus de l’intérieur ont gardé l'habi-tude d’asservir les captifs au travail forcé et les parents timni mettentparfois en gage leurs propres enfants, que la misère les empêche de re-prendre plus Lard"; mais il est aussi des peuplades que l’exemple de Free-town a portés à supprimer la servitude. Entre les Sou-Sou et les Limita ,dans le bassin des Seareies, s’est fondé un Etat composé entièrement d’es-claves fugitifs, qui ont su se faire respecter des tribus du voisinage parleur vaillance et leur lierté d’hommes libres 4 .
Si ce n’est chez les descendants de peuplades représentées à Freetown parmi grand nombre d’individus, les anciennes différences ethniques seperdent peu à peu, mais le régime anglais a eu pour conséquence d’intro-duire parmi ces noirs des castes sociales bien tranchées. Freetown a desjuges de race egba ou failli qui fout raser leurs touffes laineuses pour por-ter perruque à marteau; elle a sa haute société africaine où prévalent lesmodes des salons de Londres et où l’on cherche à en parler le précieuxjargon. Les descendants des premiers nègres méprisent fort la foule desprolétaires, composée des (ils d’affranchis récemment importés. La diversitéd'origine a forcé les nègres de Freetown à se servir de l'anglais commeidiome commun, mais dans leur bouche cette langue s’est singulièrementtransformée, et, nul Anglais d’Europe ne comprend sans étude ce bizarresabir, d’ailleurs composé d’un nombre de termes très limité; la sociétéreligieuse des Frères Moraves avait fait traduire le Nouveau Testament en
v.
cet anglais nègre 1 * 3 4 , mais le style et les mots forcément employés par le tra-ducteur parurent si bizarres, que, par respect humain, l’on a dû détruire
1 Bour, mémoire cité.
- l'aol Soleillet, Voyagea Ségon, rédigé'par Gabriel Gravier (inédit).
3 Zvei'él et Moustier, ouvrage cité.
4 Rlyden: Reade , ouvrages cités.
3 üa njoe Testament, translaled into the negro-engUsh language by the Missionaries of Ilialuttas Fratrum, Rritisti and Foroign Bible Society, London 18t2‘J.
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