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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
le «plateau des sondes », c'est-à-dire la berge sous-marine que limite ausud l’abîme des grandes profondeurs, s’élargit graduellement. Tandis quedevant le cap Saint-Paul, le fond manque brusquement à 10 kilomètres dela cote, c’est à 00 kilomètres, près de l’estuaire de lîenin, que l’on doits’éloigner de la plage pour que la sonde descende à plus de 100 mètres.Entre ces deux points extrêmes la terrasse immergée s’élargit avec régu-larité : seulement une fosse, dite de l’Avon, interrompt cette terrasse,devant la plage, de Publia, précisément à l’endroit où le golfe de Jieninoffre le sommet de sa courbe concave : on y trouve des profondeurs de180 mètres à moins de lf> kilomètres du rivaae. C’est, à 1000 kilo-mètres de distance, la reproduction du phénomène qu’ont observé lesmarins à la fosse du Petit-Bassam, devant la côte de l’Ivoire : là aussi unevallée sous-marine se creuse normalement à la plage au milieu de laconcavité du golfe. A l’est de la fosse d’Avon, le sable pur de la côte semélange peu à peu de vase, et vers Odi, où commence à se dessiner lacourbe saillante formée par les terres alluviales du Aiger, les rivagesont complètement changé d’aspect : ce sont des nappes boueuses oùnaissent les palétuviers, retenant la masse presque fluide dans le réseauinfini de leurs racines.
Par sa flore et sa faune la côte des Esclaves est une simple continuationde la côte de l’Or. Le climat, semblable à celui des rivages occidentaux parsa température moyenne, —qui est d’environ 20 degrés centigrades 1 , —par ses deux saisons sèches et ses deux saisons humides, par ses briseset ses tornades, par ses pluies et le souffle irrégulier du harmattan, estconsidéré comme le [dus salubre île tous ceux du littoral entre la bouche dela Sénégambie et celle du Congo. Les Européens n’y ont pas ces visagespâles et émaciés qui leur donnent l’apparence de spectres : aucune épidé-mie, fièvre jaune, petite vérole ou typhus, ne les a encore décimés ; maiscomme dans les contrées voisines ils ont à redouter les fièvres paludéennes,surtout pendant les premiers temps de leur séjour : les buveurs de bièresont atteints les premiers. Les immigrants européens, aussi bien que lesindigènes, ont fréquemment des ulcères. La période la plus dangereuse estcelle des pluies, notamment vers la fin de la grande saison, lorsque la terrefume et fermente et que les vapeurs chargées de miasmes se répandent en
’ Aimée lS7(i à la cote îles Esclaves :
Température moyenne.
Extrême de chaleur (novembre) .
» de froid
(Bazile Féris, La Cale des Esclaves, Archives de Médecine navale, 1879.)