PLACES, CLIMAT, POPULATIONS DE LA COTE DES ESCLAVES. 469
brouillards. Les mois de septembre et d’octobre, qui séparent les deuxsaisons humides, et pendant lesquels l’air est nettoyé de brumes, sont lesmoins défavorables à la santé des blancs.
La population noire du littoral se compose de tribus diverses par lelangage ou le dialecte, mais offrant néanmoins de grandes ressemblancesentre elles et avec leurs voisins de la côte de l'Or, les Fanti et les Acbanli ;même un eqrlain nombre de peuplades, connues sous le nom générique deMina, et vivant autrefois à l’ouest de la Voila, sont venues établir leurs com-munautés républicaines sur le versant de la cote des Esclaves pour échap-per à la domination du roi de Coumassi. Mais, d’une manière générale,on peut dire que toute la partie de la contrée comprise entre la Voila etl’Ogoun est habitée par les Loué (Ewlié ou Aziglié), et d’après eux tout lepays est appelé Kouémé ou «Terre des Loué ». A l’est de l’Ogoun , dans ladirection du Niger , le pays appartient aux Yorouba ou Yariba, portantaussi le nom générique de Nago.
D’après M. Sehlegel, l’un des missionnaires qui ont le mieux étudié lelangage des Loué, cette nation se diviserait, au point de vue glossologique,en cinq groupes bien tranchés. Les voisins immédiats des possessions an-glaises de la cote de l’Or, à l’est de la Yolta, sont les Anlo, appelés aussiAnglo ou Anglaoua : leur dialecte est celui dont on possède le plus detextes et de vocabulaires. Au nord et au nord-est des Anlo vivent lestribus qui parlent l’anfoué : on les désigne généralement sous le nom deKrepi, diversement modilié suivant les prononciations locales et la natio-nalité des voyageurs qui les ont visitées. A l’est des Anlo et des Krepi lelittoral et les districts de l’intérieur sont occupés par les peuplades quiparlent le dialecte d’Ajuda : leur nom générique est celui de Djeji. Aunord s’étend le royaume de Dahomey , dont les habitants ont aussi leurlangage particulier; enfin la partie la plus septentrionale du versantest faire glossologique du malii ou makhi, le dialecte le plus pur deslangues eoué. Les tribus qui le parlent se sont moins éloignées que lesautres du pays d’origine, situé probablement au nord-est, sur les bordsdu Niffer.
Les noirs du groupe des Eoué se ressemblent par le type physique aussibien que par le langage. Ils sont de belle stature et de proportions élé-gantes; leurs traits sont plus réguliers que ceux des Ouolof et la teinte deleur peau est moins foncée, quoiqu’ils habitent une région beaucoup plusrapprochée de l’équateur. Au bord des fleuves et des estuaires, les indigènes