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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE .

se baignent fréquemment, surtout les femmes; leurs ablutions se renou-vellent plusieurs fois par jour; après le bain elles se frottent d’huile etd’onguents et se teignent le eorps en rouge avec la poudre d'un boiseolorant: seulement en temps de deuil la eoutume leur interdit de se laveret de s’oindre le eorps : les pleureuses sont désignées par le sobriquetde « non lavées »'. L’extrême propreté préserve les riverains des mala-dies de peau qui sont, eommunes chez les habitants de l’intérieur. Unedes affrétions les plus répandues est le krokro, espère de lèpre fortcontagieuse, même chez les animaux domestiques, mais facile à guérir.Loinme dans tous les autres pays des nègres, les hernies ombilicales sonttrès eommunes. Tous les étrangers sont aussi frappés du nombre con-sidérable de gens à peau jaunâtre et à cheveux rouges qu’ils rencontrentdans l'intérieur du pays: il faut y voir probablement une sorte d'albinismeplutôt que le résultat de croisements entre Européens et négresses. Lesmodifications du pigment se manifestent surtout par des taches blanchesqui parsèment le corps, en lui donnant parfois un aspect étrangementbariolé. Cette maladie de peau n’est pas moins commune chez les Louéafricains que chez les « Pintados » du Mexique et chez les nègres du litto-ral néo-grenadin.

Les peuples de la côte occidentale des Esclaves sont représentés par untrès grand nombre d'individus parmi les nègres et les hommes de couleur

’ ' . ’ ' s désigne uniformément sous le nom deMiiia : dans la foule

des Africains importés par les négriers, l’opinion publique leur a donné lepremier rang pour la force, la beauté, les qualités morales, l’amour de laliberté. Ce sont les Mina qui ont le plus fréquemment lutté pour recon-quérir leur droit et qui ont formé dans l’intérieur du lh'ésil les républiquesde marrons les plus prospères et le j»Ins vaillamment défendues. Ce sonteux aussi qui par leurs filles ont le plus contribué aux croisements des racesdans l’Amérique portugaise et qui, par suite, ont le plus largement participéaux mesures partielles de libération. Des centaines d’entre eux en ont profitépour retourner dans leur mère-patrie, où ils se livrent au commerce, soitcomme intermédiaires, soit comme importateurs. Ils font une concurrenceheureuse aux marchands européens et par leurs alliances de famille avec lesindigènes prennent une prépondérance numérique de plus en plus grandesur tous les étrangers : le nom de la cité brésilienne de llabia, la plus im-portante à leurs yeux 1 2 , leur sert à désigner d’une manière générale tous les

1 (’. Rouctie. La Ciiie iles Esclaves .

2 R. Eéi'is, mémoire ciIci.