522
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
fleuve, soit même sans ([miter Bruxelles , sont H es personnages belles, lesofficiers préposés aux divers services sont tirés de l’armée licite; les com-pagnies qui se fondent pour exploiter les ressources du Congo ont leursiège en Belgique ; on discute dans le parlement belge des questions d'em-prunts et de loteries, qui se rapportent au budget du nouvel Etat, et dansla convention avec la France l’annexion du Congo à la Belgique est expres-sément prévue. Beu à peu on arrive à considérer le Congo, non commeune colonie de peuplement pour les émigrants belges, — le climat le dé-fend, si ce n’est peut-être en \ es districts de l’intérieur, — maiscomme un lieu d’avancement rapide pour les jeunes Belges appartenantà l’année, à l’administration, au commerce. Même les missions catho-liques, jadis dirigées par des prêtres français , se rattachent maintenant àla Belgique par l’intermédiaire des autorités diocésaines de Malincs.
L’Etat du Congo a pour chef résident un gouverneur général, qu’assisteun comité consultatif composé d’un inspecteur, d’un secrétaire, d’un juged’appel et d’un ou plusieurs directeurs nommés par le gouvernement cen-tral; en cas d’absence, le gouverneur est remplacé par l’inspecteur général.Le drapeau du nouvel Etat, avec une étoile d’or sur un fond bleu, est lemême que celui de l’ancien Etat indigène du Congo'. La langue officielleest le français . Le territoire est divisé en districts, à la tète desquels sontplacés des commissaires spéciaux chargés du maintien de l’ordre public etdisposant de la force militaire de l’État, qui consiste en une petite arméed’environ 2000 hommes, llaoussa et Ba-Ngala, avec douze canons et deuxmitrailleuses; la vente des armes perfectionnées aux indigènes est stricte-ment défendue. Des officiers belges commandent ces troupes et les dixbatiments à vapeur de la flottille. Naguère la plupart des nègres em-ployés par les agents du nouvel État étaient des étrangers, llaoussa, Ivrou,même des Zoulou du Natal; quelques Chinois ont été aussi introduits dansle pays. Les employés n’achètent pas d’esclaves, quoiqu’ils utilisent le tra-vail de nègres engagés pour une période de quelques années, et n’inter-viennent point entre les chefs et leurs captifs pour rendre à ceux-ci laliberté; même ils aident les rois alliés à retrouver les esclaves fugitifs 2 ;mais les propriétaires des factories ont été invités à libérer leurs esclaves,et la plupart de ceux-ci sont restés comme serviteurs salariés chez lesmaîtres qui les avaient achetés 3 . Grâce à des traités conclus avec les indi-gènes, l’État du Congo possède de vastes propriétés, dont on s’occupe déjà
' Movnier, Académie des Sciences morales et politiques , séance du 20 août 1887.
2 Fr. de Winlon, Proceedinejs of the R. Geographical Socieh /, Octobre 188G.
3 Chavanne, Rcisen and Forschungcn im allen and neuen Kongo-Slaate.