CERCLE DE FEU, DÉTROIT DE RERING.
excellence, et que les monts de l’Afrique et de l’Asie constituent l’arcoccidental de cette courbe, tandis que les monts américains en sont l’arcoriental : les chaînes de l’Alaska et de la Colombie britannique ne fontque prolonger celles de la Mandchourie et du Kamtchatka . Et dans le cercledes monts en repos s’arrondit un autre cercle, celui des monts \ivants,c’est-à-dire des volcans actifs, dont les traînées curvilignes festonnentles archipels de l’Insulimle, puis les côtes de l’Asie , avant de se confondreavec les chaînes du littoral américain. Evidemment, les volcans du Nou-veau Monde font partie du même « cercle de feu » que les cratères fumantsdes Philippines, du Japon, des Kouriles , et ils en constituent la brancheorientale. Non seulement le musoir américain le plus avancé vers l’ouestest, par les temps exceptionnels, en vue du promontoire extrême del’Asie nord-orientale, dont il est séparé par un détroit de 96 kilomètresen largeur, mais la corne des îles Aléoutiennes darde aussi vers l’Asie sapointe aiguë. En hiver, les rives opposées des deux mondes sont unies parune embâcle de glaçons inégaux, que les divers courants, contre-courantset remous de l’océan Pacifique et de l’océan Glacial ont entraînés dansl’étroit passage et soudés les uns aux autres, ici les imbriquant en assises,ailleurs les empilant en pyramides. 11 arrive parfois que, même au cœurde l’été, les bateaux à vapeur pénètrent difficilement dans le passage àtravers les banquises brisées*. Les eaux du détroit de Bering sont enmoyenne si peu profondes, de 58 mètres dans les endroits les plus creux,que les navires baleiniers y mouillent au hasard, même loin des côtes*,par des fonds recouverts en moyenne de 40 mètres d’eau. Enfin ungroupe d’iles, Gvozdeva ou Diomède, s’élève au milieu du détroit et sertde reposoir aux bêtes et aux gens qui se rendent d’un continent à l’autre,du cap « Oriental » d’Asie au cap « Occidental » d’Amérique ou Princeof Wales . On pourra donc, ainsi que le faisait déjà remarquer Adalbertde Chamisso, rattacher sans peine les triangles géodésiques du MondeAncien à ceux du Nouveau Monde 7 ', son prolongement oriental. Du côté del’Europe au contraire, l’Amérique est séparée des terres européennes parun espace maritime de 1500 kilomètres, formant la partie la plus étroitede 1” ' ’ e boréal; toutefois la grande analogie des roches entre le
Labrador, le Groenland, les archipels du nord et la Norvège justifiel’hypothèse d’une ancienne jonction des terres dans ces parages*. Un isthme