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Livre XV. Amérique boréale.
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d'un jour, emportés par des convulsions tétaniques. On n’a trouvé d’autreremède que de les abattre aussitôt après l’atteinte du mal ; cependant on apu limiter le fléau : il n'a pas dépassé le fjord de Jakobshavn, dans ladirection du sud. En IN77, 1e nombre des chiens de trait était encore de1NOO dans tout le Groenland et l’on y comptait 320 traîneaux 1 . On a pro-posé de remplacer, comme animal de trait, le chien parle renne; mais lesGroenlandais n’ont pas appris à le domestiquer, et maintenant le renne estdevenu très rare dans le voisinage des établissements danois : il seraitnécessaire d’introduire des colons de Laponie avec leurs troupeaux 2 3 .

Les embarcations des Groenlandais sont de deux espèces : les bateaux dechasse et les barques de transport, les kayak et les oumiak. Quoique le nomde kayak, emprunté ou prêté aux populations turques de la Sibérievoisines des Tchouktches, ait eu la fortune de se répandre dans le mondeentier, aux Antilles sous la forme de cayuco, à Constantinople sous cellede caitjue, l’embarcation groenlandaise est propre au monde eskimau.Formé en peaux de phoque tendues sur un cadre de 3 à 6 mètres en lon-gueur et de 00 centimètres en largeur, le kayak n’offre d’autre ouverturequ’une lunette où s’introduit le rameur, en s’attachant autour du corpsune capote cousue au bateau; il ne fait qu’un avec l’embarcation et, munide sa double pagaye, il glisse sur la vague, presque aussi rapide que lephoque lui-même : 150 kilomètres par jour, telle est en moyenne la courseque fournit un bon pagayeur. Quand il chavire, un coup d’aviron lui per-met de se redresser : si les anciens avaient vu ces êtres moitié homme,moitié bateau, ils en eussent fait une race à part avec plus de raisonqu’ils ne firent des Centaures’. Outre le rameur, le bateau peut contenirle poids d’un quintal métrique; mais, à lui seul, il ne pèse que 25 kilo-grammes; un homme le traîne à terre ou le charge sur ses épaules. Lekayak est parfait : rames, lances, lignes, armatures en os, courroies, l’Eu-ropéen le plus ingénieux, dit Aordenskiold, ne saurait y trouver le moindreperfectionnement. L’autre espèce d’embarcation, l’oumiak ou « bateau desfemmes » est en effet monté d’ordinaire par des rameuses, mais ne s’aven-ture que rarement au large, en dehors de la ligne des brisants; à fond platet assez grand pour porter jusqu’à trois tonnes de marchandises, il est forméégalement par des peaux de phoque cousues et tendues sur un cadre, et lesbordages translucides laissent voir les vagues courir le long des flancs dubateau. Le choc d’un bloc de glace suffirait pour couper l’oumiak et le

1 li. Itink, ouvrage cité.

2 Comptes rendus de la Société de Géographie , 1882.

3 J. licllot, Journal d'un Voyage aux mers Polaires.